Qu'est-ce que le "terrorisme du sperme" qui hante la Corée du Sud ?

Qu'est-ce que le "terrorisme du sperme" qui hante la Corée du Sud ?
Qu'est-ce que le "terrorisme du sperme" qui hante la Corée du Sud ?
En Corée du Sud, les voix politiques s'efforcent de bousculer la justice nationale au sujet de la prise en considération du "terrorisme du sperme", une forme d'agression sexuelle trop minorée.
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"Chaque crime sexuel est un crime". C'est ce qu'a déclaré Choi Won-jin, secrétaire général du groupe civique Korean Womenlink, à propos d'un phénomène inquiétant qui touche la Corée du Sud : le "terrorisme du sperme". Un drôle d'intitulé pour une chose qui l'est (vraiment) beaucoup moins. En 2019, un homme coréen a reçu une amende pour avoir.. Ejaculé dans les chaussures d'une femme. C'est sur ce type d'actes indignes que certaines voix politiques sud-coréennes alertent aujourd'hui, afin de les traiter comme des crimes sexuels.

Comme le rapporte le Guardian, ce "terrorisme du sperme" (c'est l'intitulé qu'on lui prête) n'est pas rare au sein du pays. Le groupe Korean Womenlink l'envisage comme un "crime de haine" contre les femmes. "Ce n'est pas un acte de violence aléatoire, il cible un genre spécifique", développe Choi Won-jin, qui exige que des "changements nécessaires" soient apportés au traitement juridique de ce type d'agressions.

Car jusqu'ici, les hommes qui ont éjaculé "secrètement" sur les biens de leurs victimes, toutes féminines, ont simplement fait l'objet d'amendes pour "dommages matériels", ou bien ont été jugés pour d'autres faits. En somme, la justice nationale ne voit pas là un comportement sexuel criminel, simplement un "dommage".

Des décisions controversées

Bien des voix politiciennes voient même là l'expression d'une inaction de la justice et des autorités face aux violences sexuelles en général, dans une Corée du Sud où les citoyennes se mobilisent de plus en plus afin de faire entendre la réalité de leur condition depuis la révolution #MeToo. Or, le "terrorisme du sperme" est une de ces réalités. En 2019 toujours, poursuit le Guardian, un homme était condamné à trois ans de prison pour avoir administré des laxatifs dans le café d'une femme qui aurait rejeté ses avances. Mais le fait qu'il ait également éjaculé dans la tasse de café n'a pas été reconnu, aux yeux de la justice, comme une agression sexuelle.

Baek Hye-ryun, membre du parti démocrate sud-coréen, voit là une forme indéniable "d'humiliation sexuelle". La personnalité politique déplore qu'en Corée du Sud, cette agression ne soit pas considérée comme telle pour la simple raison "qu'il n'y ait pas eu contact physique direct" entre l'agresseur et sa victime, narre le journal britannique. "Les crimes sexuels doivent être considérés du point de vue de la victime", a ajouté Baek Hye-ryun.

Des débats qui animent médias nationaux et politiques.