Les footballeuses françaises délogées de Clairefontaine par les Bleus

Les Françaises délogées de Clairefontaine pour laisser les Bleus préparer un match amical
Les Françaises délogées de Clairefontaine pour laisser les Bleus préparer un match amical
En pleine préparation de la Coupe du monde féminine, qui débutera le 7 juin prochain, les Bleues ont été sommées de quitter les chambres de Clairefontaine pour laisser l'équipe de foot masculine s'installer au château en vue d'un match amical. Une priorité à une semaine du Mondial qui fait polémique.
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Le 7 juin, les Bleues rencontreront la Corée du Sud pour le match d'ouverture de la Coupe du monde féminine de football au Parc des Princes. En attendant, celles qui figurent parmi les favorites de la compétition suivent un entraînement intensif à Clairefontaine, centre national du football et lieu historique de préparation de l'équipe féminine, des Espoirs, et de leurs homologues masculins.

Et c'est justement pour laisser la place à ces derniers, vainqueurs de la Coupe du monde 2018, que les championnes ont dû quitter leur logement. Au lieu de dormir au château, elles sont donc parties s'installer à la Voisine, un établissement proche du stade Michel Platini.

La raison ? Les Bleus doivent préparer un match amical contre la Bolivie, qui aura lieu à Nantes le 2 juin, et requièrent leurs chambres habituelles - qui seront généreusement rendues aux Françaises une fois les hommes partis pour la Turquie, le 7 juin. Une décision qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, et que beaucoup d'internautes ont qualifiée de sexiste.

Pour les joueuses et leur sélectionneuse en revanche, la polémique n'a pas lieu d'être : "Avec Didier (Deschamps, ndlr), on avait échangé avant sur cette question. Le château est prioritairement pour les Bleus, cela a toujours été comme ça", a affirmé l'entraîneuse Corinne Diacre en conférence de presse. "Il n'y a aucun sujet. Ce qui était important pour moi c'était de s'entraîner sur les terrains de qualité. On s'entraîne à la maison comme d'habitude."

De son côté, la défenseuse Eve Périsset tente de rassurer en avouant se contenter de cette nouvelle organisation : "Le plus important pour nous, c'est de bien travailler, les conditions sont exceptionnelles ici. Nous, on a les terrains, c'est très bien", assure-t-elle.

Interrogée par Franceinfo, Marie-Cécile Naves, sociologue, souligne quant à elle "une intériorisation de l'infériorité des footballeuses". Pour l'experte, cette déclaration renvoie un message "terrible. Que le foot des femmes c'est un sous-foot".

Didier Deschamps, lui, ne voit pas vraiment ce qui cloche. Il adresse même, grand seigneur, quelques mots de soutien à l'équipe féminine : "Evidemment, pour les filles, avec cette Coupe du monde chez nous en France, c'est l'événement", a-t-il déclaré. "On est de tout coeur avec elles."

"De tout coeur avec elles", certes, mais faut pas pousser non plus.