Gisèle Pélicot donne des nouvelles sur le plateau de Quotidien de sa vie intime et sentimentale. La victime de violences sexuelles évoque une nouvelle relation, saine et épanouissante. Mais n’échappe pas aux simagrées des misogynes pour qui ce role model “prend trop la lumière”. Accablant.
Gisèle Pélicot s’est exprimée avec émotions sur le plateau de l’émission Quotidien. A un Yann Barthès vraisemblablement admiratif, elle a évoqué la toute nouvelle relation qui embellit ses journées. La victime de multiples violences sexuelles, de la part de son ex-mari et de nombreux inconnus, violences effectuées à répétition durant plusieurs années sous soumission chimique, serait de nouveau en couple.
L’ancienne épouse Pélicot est devenue un symbole, celui des luttes contre l’impunité des agresseurs sexuels, contre les violences et leur banalisation, le victim blaming (la culpabilisation des victimes), pour la libération de la parole et la mise en lumière d’un sujet trop incompris : la soumission chimique, dont sont victimes beaucoup trop de femmes dans notre société.
Néanmoins, face à Yann Barthès, c’est une facette moins pesante, plus légère, épanouie, nouvelle, que Gisèle Pélicot cherche à éclairer : sa condition de femme “rennaissante”, qui a su malgré l’horreur de ses expériences donner sa chance à un homme, de nouveau : il se prénomme Jean-Loup et parvient à redorer les jours de septuagénaire. Elle témoigne sur les images à retrouver ci-dessous.
On l’écoute.
Gisèle Pélicot évoque auprès de Yann Barthès ce qui a succédé à son calvaire de plusieurs années - violences qui comme la plupart des agressions, prenaient place au sein même de son domicile - à savoir : l'avènement d’une nouvelle relation, saine, basée sur la réciprocité, l’écoute et l’amour.
C’est en tout cas ce que raconte la principale concernée devant les caméras de TMC : “Il y a une chanson que j’écoute souvent avec Jean-Loup quand on est en voiture. Lui aussi, il a eu des épreuves difficiles dans sa vie. On était deux âmes cabossées quand on s’est rencontrés. Et on n’aurait pas pensé une seule seconde qu’on pourrait tomber amoureux. Ni même en avoir envie. Mais voilà, le parcours a changé nos trajectoires, et cela a changé nos vies aujourd’hui”
A Quotidien, elle énonce encore, très émue : “Il m’a raconté qu’il avait perdu sa femme après l’avoir accompagné durant de longs mois de maladie. Son histoire m’a touchée. Nos drames nous ont rapprochés”
Un témoignage émouvant, mais qui a engendré nombre de commentaires affligeants. Effectivement, beaucoup de misogynes semblent détester les prises de parole publique de Gisèle Pélicot, critiquent sa mise en lumière, la moindre de ses attitudes, vont jusqu’à mettre en doute ses pertes de mémoire et ses récits, malgré l’issue du procès Pélicot l’an dernier. Oubliant les violences dont elle a été victime, lui refusant aussi bien le droit de s’exprimer que celui d’être heureuse, ou tout du moins, de ne plus souffrir.
C’est attendu : il faut savoir que le victim blaming, cette inversion sexiste entre victime et agresseur, s’est observé durant l'entièreté du procès, et qu’il se poursuit bien longtemps après. La honte.
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