Le don de sang (enfin) ouvert aux hommes homosexuels sans période d'abstinence

Dès mi-mars, le don de sang ouvert aux homosexuels sans période d'abstinence
Dès mi-mars, le don de sang ouvert aux homosexuels sans période d'abstinence
C'est un grand changement : le don de sang sera désormais ouvert aux homosexuels sans période d'abstinence à déclarer, dès le 16 mars prochain. "Toute personne arrivera comme un individu donneur", a assuré le directeur général de la Santé Jérôme Salomon.
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Le directeur général de la Santé Jérôme Salomon a apporté des éclaircissements à une situation qui préoccupe depuis longtemps déjà les associations de défense des droits des personnes LGBTQ, en affirmant que le don de sang sera, dès le 16 mars prochain, ouvert aux hommes homosexuels sans période d'abstinence à déclarer.

A cela s'ajoutent d'autres évolutions. "Il n'y aura plus aucune référence à l'orientation sexuelle dans les questionnaires préalables au don du sang, toute personne arrivera comme un individu donneur" a ajouté Jérôme Salomon lors d'un point de presse énoncé le 11 janvier dernier, comme le relate franceinfo.

"L'extrême vigilance des autorités sanitaires permet une évolution des conditions d'accès au don du sang", a poursuivi lors de ce point presse le directeur général de la santé.

"Cette décision met fin à une situation profondément discriminatoire"

"Le niveau du risque de transmission du VIH par transfusion baisse régulièrement depuis des décennies", a développé Jérôme Salomon. Le ministre de la Santé Olivier Véran défend quant à lui cette nouvelle mesure comme une "décision politique". Cela fait seulement cinq ans que les personnes homosexuelles peuvent donner leur sang, et ce en déclarant nécessairement au préalable une période d'abstinence sexuelle de quatre mois.

Au sein du questionnaire précédant le don du sang, le donneur devra cependant préciser s'il prend un traitement pour la prophylaxie pré ou post-exposition au VIH (PrEP), comme le relate le site de Franceinfo. Dans ce cas, le don du sang sera reporté "quatre mois après la dernière prise du médicament", a précisé Jérôme Salomon.

"Cette décision met fin à une situation profondément discriminatoire. En excluant les hommes homosexuels du don du sang, on sous-entendait qu'ils avaient une vie plus dissolue, un comportement sexuel plus à risque que les autres. On doit se baser sur les pratiques sexuelles et non sur l'orientation sexuelle", a commenté auprès du journal 20 Minutes Matthieu Gatipon, porte-parole de l'association Inter-LGBT.

"Dès le 16 mars, tous les Français, quelles que soient leurs orientations sexuelles, pourront donner leur sang ! Nous mettons fin à une inégalité qui n'était plus justifiée", s'est réjoui sur Twitter Olivier Véran.