En Iran, les femmes "mal voilées" sont surveillées par 7 000 indics

Deux étudiantes à Téhéran, la capitale iranienne
Deux étudiantes à Téhéran, la capitale iranienne
Depuis lundi 18 avril, 7 000 "indics" en civil patrouillent dans les rues de Téhéran pour agir contre "l'immoralité". En ligne de mire : le harcèlement dont sont victimes les femmes et le mauvais port du voile.
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Depuis lundi, les habitants de Téhéran sont sous surveillance. Le chef de la police de la capitale iranienne a annoncé le déploiement dans toute la ville d'indics : 7 000 femmes et hommes habillés en civils pour lutter contre "l'immoralité" des Iraniens.

Ils seront notamment chargés de surveiller tout "mauvais port du voile, les nuisances sonores, le harcèlement des femmes et le non-respect du port du voile dans les voitures", a déclaré le général Hossein Sajedinia, cité par l'agence de presse Mizan.

Toutefois, a précisé le chef de la police, ces indics n'auront pas le droit de procéder à des verbalisations et des arrestations et devront donc se contenter de rapporter les infractions à la police.

Une ouverture toute relative

Ce n'est pas la première tentative des autorités iraniennes d'imposer aux habitants une "moralité" exemplaire. Depuis leur arrivée au pouvoir en 1979 avec la Révolution islamique, les autorités chiites ont mis en place une police religieuse appelée Gasht e Ershad ("Police de la Vertu" en Persan). Cette dernière a notamment pour mission d'arrêter les femmes qui ne sont pas voilées de la tête aux pieds et les Iraniens vêtus à la mode "occidentale".

Malgré un relâchement relatif des règles vestimentaires depuis l'arrivée au pouvoir du modéré Hassan Rohani, l'État veille toujours à ce que les femmes restent voilées, notamment en voiture. Jusqu'en novembre 2014, les Iraniennes qui étaient jugées "mal voilées" en public étaient soumises à une amende de la part de la "police de la vertu". Désormais, c'est désormais le ministère de l'Intérieur, et non plus la police, qui veille au port correct du hijab.

Cela n'empêche toutefois pas les autorités de "punir" les femmes dont la tenue est jugée inconvenante. Ainsi depuis novembre, les comédiennes Chakameh Chamanmah et Sadaf Tahérian sont interdites de tournage sur le sol iranien pour avoir posté des clichés d'elles sur leurs comptes Instagram respectifs où elles apparaissent cheveux apparents, sans voile. "L'acte de ces deux actrices témoigne d'un manque d'affection chez elles et de leur caractère faible. Selon nos règles, ces personnes-là ne peuvent plus travailler officiellement. Nous ne les considérons plus comme des artistes", avait déclaré le porte-parole du ministère de la Culture et de l'Orientation islamique.