Les femmes préfèrent les chats aux hommes. En tout cas, elles ont depuis longtemps renversé le caractère infâmant de l'expression sexistes "femme à chats" ou "vieille fille", cette stigmatisation des célibataires qu'étrangement les hommes ne subissent pas, certainement le hasard.
La sociologue Charlotte Debest a carrément consacré un livre entier à ce sujet, à juste titre baptisé Elles vont finir seules avec leur chat, et dans cette interview orchestrée par Simone Media, elle dézingue les préjugés. Des images à retrouver ci-dessous et qui font plaisir à voir.
Et tel que le raconte le site féministe, la spécialiste du sexisme ordinaire analyse pourquoi ce refus de la maternité "dérange autant, du mythe de l'utérus malade à l'accusation d'égoïsme". On l'écoute : "On constate encore aujourd'hui qu'être une femme seule et sans enfant est une menace d'exclusion sociale d'une certaine façon".
L'érudite ne s'arrête pas là dans sa défense des amoureux des félins. Elle poursuit sur le même ton...
Charlotte Debest détaille encore son propos à Simone Média. Notamment sur toutes les injonctions faites aux femmes.
"On juge le fait que la seule affection qu'elle pourrait donner soit envers son chat, cette femme à chats. On pense que si elle ne trouve personne, comme on dit, c'est qu'elle n'est pas aimable. Comprendre : aimé par les hommes. Les femmes subissent toutes des pressions sociales. L'organisation au quotidien dans les maisons est tellement assurée par les femmes, c'est à dire par les épouses et par les mères, que rares sont celles qui "lâchent tout" et cela témoigne de vraies pressions sociales. Il faut croire que la question de la natalité reste toujours importante, même en France. On dit des femmes qui ne veulent pas devenir mères que ce serait un acte égoïste."
Le saviez-vous ? Selon les observations de la revue britannique Royal Society Open Science, malicieusement repérées par Slate et basées sur le sondage d'une cinquantaine de propriétaires, "les propriétaires de félins ne souffrent pas plus que les autres de symptômes auto-déclarés de dépression et d'anxiété".
Voilà ce que l'on ajoute dans un article de Terrafemina que nous avons consacré à ce sujet loin d'être anodin : "Mieux encore, nous révèle le texte, les propriétaires en question feraient davantage preuve d'empathie, pour la simple raison qu'elles ont l'habitude de prêter l'oreille au comportement et à la santé de leurs animaux."
"Le chat ne risque pas de me tuer, lui", "Tellement heureuse d'être seule avec mes chats", "être aimée de son chat >>>> les zhom", "Vieille fille avec mes chats, ça me va totalement !", lit-on au fré des ribambelles de témoignages qui émaillent l'espace commentaires sous ces images de l'érudite sociologue.
"Vaste stigmatisation. Car une "femme à chats" est dans l'inconscient collectif celle qui préfère la compagnie des félins à celle des hommes : elle est donc forcément "folle". Pire, c'est une "vieille" folle, clin d'oeil au statut désuet de "vieille fille" : la jeune femme sans enfants, condamnée d'une année à l'autre au célibat", écrit-on sur Terra. "Une situation plutôt "cool" et normalisée quand il s'agit des hommes, mais étonnamment ridiculisée voire diabolisée dès qu'il est question de la gent féminine".