Béatrice Dalle, l’actrice la plus sulfureuse du cinéma français, explique son refus de la maternité à Enora Malagré dans un documentaire exceptionnel. Et sa réponse ne ressemble qu’à elle.
L’injonction à la maternité, on en a assez soupé. Enora Malagré le démontre avec brio dans un documentaire événement à découvrir sur francetv, où la journaliste revient sur son propre parcours, ses propres doutes, et met en lumière un gros tabou, ou plutôt une grosse pression sociale faite aux femmes.
Et dans ce documentaire émaillé de témoignages éloquents, une voix s’articule comme aucune autre, celle, toujours aussi irrévérencieuse et furieusement punk, de Béatrice Dalle, l’impertinente et éternelle rebelle du cinéma hexagonal. L’icône de 37,2 n’a pas assagi sa prose depuis l’ère Beineix.
Démonstration est faite lorsqu’Enora Malagré donc, personnalité engagée, aussi bien envers cette silenciation des femmes qui refusent d’être mères, qu’auprès des femmes atteintes d’endométriose, évoque ce grand sujet de non-maternité auprès de Béatrice Dalle, qui lui rétorque… A sa façon.
Enora Malagré s’adresse à de nombreuses femmes dans son documentaire. Dont Béatrice Dalle, l’équivalent du mouvement Riot Grrrrrl à elle seule.
A cette grande question de la non-maternité, l’illustre artiste rétorque : “Tu prends perpét quand tu deviens mère… Et comme je ne serais pas une bonne maman parce que je ne m’en occuperais pas, tu vois…”
Derrière la punchline forcément punchy, on décèle une fragilité, une sensibilité, qui tutoie en vérité une autre grande stigmatisation : le stéréotype de la “mauvaise mère”, que subissent de nombreuses femmes, ce florilège d’injonctions et de pressions qui encombrant la charge maternelle et différencieraient les mères exemplaires des autres. Beaucoup de ces critères imaginaires sont définis par des hommes.
Et Béatrice Dalle de poursuivre sur le même ton, sans se séparer d’un humour qui ne ressemble qu’à elle et fonctionne précisément car il ne fera jamais consensus : “Moi, j’ai des copines, leur rêve, c’était d’avoir des enfants et je le respecte, je le comprends. Mais moi, d’ailleurs, si j’avais eu un enfant, je l’aurais appelé Alien. Ah ouais !”
Un coup de pied salvateur dans le galimatias de ces questions faussement curieuses et réellement intrusives qu’on impose aux femmes.
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