C’est une enquête des Inrocks qui prend le pouls d’une actualité qui n’en finit pas, paradoxalement, de se produire : la situation problématique des femmes en concerts, que bien des lectrices ont dû volontiers connaître. Qu’elles soient artistes ou spectatrices par ailleurs desdits concerts : Chappell Roan tout comme la moindre auditrice anonyme se confronte à des attitudes variées et problématiques.
Entre spectateurs masculins qui “filment sous les jupes” et agressions sexuelles banalisées en pleine fosse. Il y a peu, on apprenait déjà via un reportage édifiant du Guardian que les concerts de Dua Lipa sont assaillis par les agresseurs sexuels, entre gestes déplacés et harcèlement des auditrices. Aux concerts de Dua Lipa, on observe une recrudescence des violences sexuelles à l'encontre des fans féminines, parfois très jeunes. Tant et si bien qu'en Angleterre, une patrouille spécialement formée contre cela a été invoquée. Repérer les prédateurs : ceux qui durant ses concerts sont en train de filmer sous les jupes, harceler une spectatrice, l'agresser sexuellement en plein concert ou en profitant de son état d'ébriété...
Et cela va jusqu’à porter atteinte à la célèbre chanteuse. Des images très relayées dévoilent la popstar très étroitement mise en contact avec un “fan” dont le comportement beaucoup trop “tactile” a été fustigé sur les réseaux sociaux. Et cette enquête des Inrocks met en lumière diverses observations.
En s’interrogeant : depuis le mouvement des Riot grrrrl dans les années 90 outre-atlantique, cet élan féministe notamment constitué de groupe punks féminins, qui dénonçait l’hyper sexualisation des femmes, et les violences sexuelles durant les concerts (et pas seulement), quels progrès constate-t-on, à l’aune de #MeToo ? Pas tant que cela hélas, fustige le magazine dans son enquête accablante à retrouver en ligne.
“Plus de 30 ans après le mouvement Riot Grrrls, en a-t-on fini avec le sexisme dans les fosses ?”, dénonce la revue. Avant de développer sur le même ton, dans ce qui apparaît comme un écho au fondamental mouvement #MusicToo, le #MeToo de la sphère musical : “Dans les années 90, des groupes punk et féministes luttaient avec effronterie contre l’hégémonie masculine dans le public des salles de concert. En 2026, des spectateurs ne veulent toujours pas comprendre le slogan “Girls to the front!”. Jusqu’à quand ?”.
Avant de détailler plus encore l’étendue de cette misogynie qui ne dit pas son nom. La journaliste fustige en plantant un décor des plus toxiques ces sempiternels publics de "quinquagénaires masculins" qui postés au premier rang "filment sous la jupe des musiciennes, initient des pogos dont la composition testostéronée a de quoi tenir à distance" et constituent un véritable "cirque misogyne" en mode boys club et mise à distance des spectatrices féminines.
Pour la journaliste, le public masculin à tendance misogyne est loin d'être rare au sein des festivals comme des concerts, "des spectateurs présents pour les mauvaises raisons et qui font masse". Quitte à silencier leurs congénères féminines ou à provoquer des violences ?
Les femmes ont-elles une chance d'entrapercevoir une "safe zone" dans le cadre de ses concerts ? "Non. Quiconque a été en fosse le sait et d’ailleurs même dans les concerts féministes dans lesquels on crie « girls&queers to the front » on se fait emmerder. Le masculinisme de ces scènes c’est un délire.", fustige à l'unisson une lectrice de ce reportage.