Valérie Bonneton a souvent évoqué le féminicide de Marie Trintignant, qui nous renvoie 20 ans en arrière. La mort de la célèbre actrice sous les coups de Bertrand Cantat avait à l’époque suscité peu de déclarations publiques dignes du nom de Marie Trintignant, si l’on excepte la toujours frondeuse Lio. Valérie Bonneton a l’unisson abordait le sujet sur le plateau de Michel Drucker.
"C'est quelqu'un qui reste toujours dans mon cœur, je pense beaucoup, beaucoup à elle", déclarait il y a dix ans de cela la comédienne au sujet de Marie Trintignant. "Ça m'émeut quand je pense à elle et quand je pense à Paul, c'est un garçon fabuleux (...) Il lui ressemble beaucoup, la sensibilité, la gentillesse, c'est quelqu'un de profondément bon.". Et aujourd’hui, elle prend la parole de nouveau. Et étrille particulièrement Bertrand Cantat dans une prise de parole très engagée et acerbe.
Valérie Bonneton prend la parole sur le sujet houleux du féminicide de Marie Trintignant par Bertrand Cantat. Au sujet duquel par ailleurs elle a vraiment beaucoup à dire.
Déclarant ainsi : “Je ne veux pas trop en parler pour préserver Paul, le fils de Marie Trintignant et François Cluzet, mais il faut avoir conscience que ce type a détruit tout le monde autour de lui, et ma famille aussi. C'est terrifiant et insupportable qu'on l'autorise à remonter sur scène. Marie était merveilleuse. C'est elle qui méritait d'être dans la lumière et applaudie. Pas lui".
Valérie Bonneton s’indigne à l’unisson qu’il a fallu attendre un documentaire dédié à Bertrand Cantat, l’an dernier, pour que soit réouverte l’enquête à propos du décès de son ex compagne.
Dans cette prise de parole, s'amoncellent diverses réflexions, qui ont également trait au traitement très “d’époque” de la presse il y a vingt ans de ce féminicide, romantisant volontiers la chose, sans dire les termes. Employant le terme “passionnel” comme pour conférer à ce drame un lyrisme qui ne lui appartient pas. Autre temps, depuis, le terme “féminicide” s’est banalisé.
"Parler de l'assassinat de Marie Trintignant, c'était pas assez glamour !", tacle Lio, au micro de RTL, en 2025. "Je crois que c'est très évident. Je l'ai vécu de l'intérieur, je me suis vue absolument mise de côté par tout le métier parce que ce n'était pas glamour d'être une femme battue et que j'avais décidé de ne pas le cacher. Et parce que ce n'était pas glamour et surtout très hystérique et très fou de parler de l'assassinat de Marie Trintignant, que je n'appelle pas un meurtre parce qu'il [Bertrand Cantat, ndlr] y a longtemps pensé. Moi, ma carrière a été mise sous cloche".
Une prise de parole à ne jamais oublier. Et qui en dit long.
Une femme est tuée toutes les 10 minutes dans le monde. 60 % d'entre elles sont tuées chez elles, contre seulement 11 % des hommes, révèle l'ONU dans un rapport très détaillé. "Tant que ces violences ne seront pas pleinement reconnues, elles continueront de prospérer dans le silence. Nommer c'est déjà agir, c'est reconnaître la réalité vécue par les victimes et poser les bases d'une justice plus protectrice", écrit Alice Bouissou, avocate en droit de la famille engagée dans la lutte contre les violences.