Ces parents luttent pour que le prénom d'usage de leur fille trans défunte soit respecté

Ces parents luttent pour que le prénom d'usage de leur fille transgenre défunte soit respecté/photo d'illustration
Ces parents luttent pour que le prénom d'usage de leur fille transgenre défunte soit respecté/photo d'illustration
A Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie, des parents mènent un combat acharné contre la mairie. Le but ? Que le prénom d'usage de leur fille transgenre défunte soit enfin inscrit sur sa plaque funéraire.
À lire aussi

"Je vous en prie, je vous en supplie, pour nous, sa famille, ses amis qui allons nous recueillir au columbarium, elle était Manon sans ambiguïté ni provocation". Ce sont les mots de la mère de Manon, écrits dans un courrier adressé au maire de Thonon-les-Bains, comme le rapporte Mediapart. Manon, jeune femme transgenre, est décédée en juin 2020.

Ses parents souhaitent que seul son nom d'usage - et non de naissance - soit inscrit sur la plaque funéraire du cimetière où elle repose depuis plus d'un an. Las : malgré l'aval de la préfecture et de nombreuses démarches administratives, le maire de Thonon-les-Bains, Christophe Arminjon, refuse d'accéder à leur demande. Pour les parents, honorer la mémoire de leur fille, défunte à l'âge de 28 ans, est une lutte quotidienne.

"Autorisez 'Manon' sur sa tombe, s'il vous plaît", a écrit la mère de famille au maire de la ville.

Un long combat

Comme le rapporte l'Obs, Manon avait fait accepter son prénom d'usage auprès de ses proches, mais également au sein de son université : sur sa carte étudiante de Paris VIII, c'était bien "Manon" qui était inscrit. Mais son inscription est encore refusée sur la plaque du columbarium où son corps a été incinéré.

"Aucune inscription ne peut être placée sur les pierres tumulaires ou monuments funéraires sans avoir été préalablement soumise à l'approbation du maire", aurait répondu la mairie aux parents. L'avocate de ceux-ci a également contacté la mairie, sans succès. La professionnelle juge cette situation "discriminatoire". Même la direction de la citoyenneté de la préfecture de Haute-Savoie soutient le souhait parental, selon l'Obs.

Suite à une prise de contact avec celle-ci, Christophe Arminjon aurait été de nouveau sollicité. La direction rappelle qu'une telle inscription ne "porte pas atteinte à la dignité du défunt".