Exploitées et sous-payées, les cheerleaders en ont ras le pompon

La saison de football américain s'est ouverte, aux Etats-Unis, sur fond de revendications salariales des cheerleaders. Des pom-pom girls exploitées et sous-payées dans une ligue professionnelle qui génère pourtant des milliards de dollars chaque année.
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Les cheerleaders de la National Football League (NFL) en ont ras le pompon. Alors que nouvelle saison de la ligue de football américain vient de reprendre, cinq des 26 équipes de pom-pom girls du championnat ont lancé une action en justice contre leurs franchises qui ne les rémunèrent pas au salaire minimum fixé à 7,25 dollars de l'heure (6,40 euros). En effet, les membres de groupe de pom-pom girls sont considérées comme des travailleuses indépendantes et non comme des employées de club à part entière. Un statut qui n'ouvre pas droit au salaire minimum.

Les grandes oubliées de la machine à cash

"Nous étions payées, à la fin de saison, 125 dollars par match", explique Lacy Thibodeaux, ex-pom-pom girl des Raiders d'Oakland", dans les colonnes du New York Times. Et la jeune femme d'ajouter : "Ils n'ont rien payé pour les frais de déplacement et les nombreux événements promotionnels auxquels nous sommes tenues de participer".

Et pourtant, la très puissante NFL est loin de manquer de liquidités. La saison dernière, chaque équipe de la ligue a généré, en moyenne, plus de 220 millions de dollars (194 millions d'euros) de recettes. Un chiffre qui atteint même 375 millions de dollars (331 millions d'euros) pour la franchise du Winsconsin des Packers de Green Bay.

Les pom-pom girls demeurent les petites mains de cette machine à cash, travaillant dans des conditions d'un autre âge et soumise à une pression permanente, notamment sur leur indice de masse corporelle, constamment surveillé. "Je crois que [les pom-pom girls] devraient bénéficié de toutes les protections dont elles ont besoin pour réussir à la fois sur mais aussi en dehors des terrains", estime Nily Rozic, élue démocrate à l'Assemblée de l'Etat de New York, citée par The Guardian. La jeune députée a d'ailleurs présenté, cet été, un texte de loi exigeant que les équipes professionnelles de l'Etat de New York donnent le statut de salarié aux cheerleaders. Huit Etats, dont l'Illinois, l'Ohio, le Texas, la Pennsylvanie et le Maryland, réclament également l'application de cette mesure.

Pour l'heure, seule la Californie a adopté pareille législation après que le gouverneur de l'Etat, Jerry Brown, a promulgué, en juillet dernier, un projet de loi faisant des cheerleaders californiennes des salariées.

Les parlementaires interpellent la NFL

Des parlementaires qui, dans une lettre adressée à la NFL mercredi 9 septembre, réclament que les équipes prennent clairement position "sur ce problème qui entrave le progrès économique et social du pays". Invité à réagir par le New York Times, Brian McCarthy, porte-parole de la NFL s'est fendu de cette sortie laconique : "Les équipes sont invités à suivre les lois étatiques et fédérales de l'emploi. En vertu de ces lois, les cheerleaders ne sont pas employées par la ligue".