La sortie sexiste du patron de la Fédération française de football sur les Bleues indigne

Didier Deschamps et Noel Le Graet au Stade de France à Saint-Denis le 17 novembre 2020.
Didier Deschamps et Noel Le Graet au Stade de France à Saint-Denis le 17 novembre 2020.
"Sexisme ordinaire", "misogynie", "beauf"... Les propos "maladroits" (et bien sexistes) du patron de la Fédération française de football Noël Le Graët au sujet des Blues indignent internautes et personnalités politiques. Un énième bad buzz pour le principal concerné.
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"Elles n'ont aucun match perdu. Donc elles peuvent se tirer les cheveux, ça m'est égal". Ca, c'est ce qu'a prononcé Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football (ou FFF), à propos de l'équipe de France féminine. On a déjà connu tournure de phrase plus élégante, voire ouvertement sexiste. Il faut avouer que réduire les footballeuses professionnelles à un bête "tirage de cheveux" a de quoi faire grincer des dents. A raison.

Candidat à la présidence de la FFF, Frédéric Thiriez fustige des propos qu'il juge "honteusement discriminatoires", comme le rapporte RMC Sport. Et Thiriez de poursuivre : "M. Le Graët fait honte au football français". Un tacle des plus virulents.

Mais ce n'est pas tout. L'indignation est même remontée jusqu'au gouvernement. La ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno, a interpelé Noël Le Graët sur son compte Twitter. "Sexisme ordinaire en action. Ces propos véhiculent des stéréotypes d'un autre temps", déplore-t-elle. "L'égalité entre les femmes et les hommes reste à accomplir dans les faits comme dans les esprits".

Niveau égalité des sexes, le match est encore loin d'être gagné.

Pépite sexiste et carton rouge

Et sur les réseaux sociaux toujours, nombreux sont les internautes à sortir le carton rouge. "En gros, les Bleues peuvent 'se tirer les cheveux', tant que ca les empêche pas de faire la vaisselle... La vache... à chaque fois que Le Graët ouvre la bouche, on croit qu'il touche le fond... jusqu'à ce qu'il réouvre la bouche !", "Il sait parler aux femmes, c'est notre Julio Iglesias à nous !", "Eh beh ! Ça c'est une posture bien misogyne, vivement qu'il décampe", commentent les internautes, caustiques.

Loin de se limiter au seul discours d'Elisabeth Moreno, les termes "machisme" et "sexisme ordinaire" reviennent d'ailleurs volontiers dans toutes ces réactions à chaud. "Où sont les valeurs du football ? Ce monsieur, qui visiblement ne maîtrise plus son expression ou ses pulsions, est indigne de représenter le premier sport français", a développé Frédéric Thiriez.

Ce n'est pas la première fois que le président de la FFF se voit sacré champion du bad buzz. En septembre 2020, Noël Le Graët s'était déjà fendu d'une "analyse" des plus légères au sujet du racisme ordinaire au sein du milieu du football français. "Quand un black marque un but, tout le stade est debout. Le phénomène raciste dans le sport, et dans le football en particulier, n'existe pas ou peu", avait-il déclaré du côté de BFM Business.

"Avec lui, il n'y a jamais de problème dans le football. C'est affolant. Il n'y a pas d'homophobie, de racisme, il n'y a rien du tout, c'est blanc comme la neige. C'est loin de tout ça, M. Le Graët. Ce serait bien qu'un jour, vous vous mettiez à la hauteur de la pelouse pour entendre et voir. Je commence à en avoir marre d'entendre des conneries pareilles de la part d'un président", lui avait rétorqué l'ancien international Olivier Rouyer, virulent.

Des "conneries" qui n'en finissent pas donc.