Golden Globes : une cérémonie féministe et engagée contre les violences sexuelles

Golden Globes : une cérémonie féministe et engagée contre les violences sexuelles
Golden Globes : une cérémonie féministe et engagée contre les violences sexuelles
Trois mois après les débuts de l'affaire Harvey Weinstein, la cérémonie des Golden Globes 2018, qui se déroulait dimanche 7 janvier à Los Angeles, a été marquée par la lutte contre les violences faites aux femmes. De la tenue des célébrités au palmarès qui a sacré des personnages féminins forts, retour sur une soirée aux forts accents féministes.
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La 75e cérémonie des Golden Globes, qui s'est déroulée ce dimanche 7 janvier à Beverly Hills, était à marquer d'une pierre blanche. Trois mois après les débuts de l'affaire Harvey Weinstein, et l'onde de choc #MeToo qui s'en est suivie, impossible pour Hollywood d'ignorer l'ampleur des violences sexuelles perpétuées jusqu'à présent en toute impunité par le producteur de Miramax envers des actrices ou des collaboratrices. Alors qu'il y a tout juste une semaine, 300 personnalités du monde du cinéma s'engageaient dans Time's Up ("C'est fini"), une fondation destinée à apporter un soutien financier aux victimes de harcèlement sexuel, l'heure était ce dimanche soir aux prises de positions affirmées contre la culture du viol et les violences faites aux femmes.

Des activistes sur le red carpet

Le ton a été donné en amont de la cérémonie par les actrices-mêmes. Comme US Weekly l'avait annoncé courant décembre, toutes, ou presque, ont assisté à la remise de prix vêtues de noir afin de protester contre les violences sexuelles et de montrer leur solidarité avec les victimes de Harvey Weinstein, mais aussi des acteurs Kevin Spacey, Dustin Hoffman ou encore des cinéastes James Toback, Brett Ratner et John Lasseter, eux aussi accusés d'abus sexuels.

Nombreuses sont les femmes engagées pour les droits des femmes et des minorités à avoir foulé le tapis rouge cette année aux côtés des célébrités : Shailene Woodley, vue en 2017 dans la mini-série multiprimée Big Little Lies, était ainsi accompagnée de Calina Lawrence, une activiste engagée pour les droits des Amérindiens, tandis qu'Emma Watson avait pour "date" Marai Larasi, qui se bat contre les violences faites aux femmes racisées et aux réfugiées. Tarana Burke, qui a lancé aux États-Unis le hastag #MeToo, était l'invitée de Michelle Williams, tandis que Susan Sarandon était accompagnée de la membre du Parti vert Rosa Clemente. Meryl Streep est apparue aux côtés de Ai-jen Poo, responsable latino-américaine de l'Alliance pour les femmes de ménage et Emma Stone aux côtés de Billy Jean King, l'ex-star du tennis et activiste LGBT dont elle jouait le rôle dans Battle of the Sexes.

Emma Stone et la militante pour les droits des femmes racisées Marai Larasi
Emma Stone et la militante pour les droits des femmes racisées Marai Larasi

"Une aube nouvelle se profile à l'horizon"

Les discours ont eux aussi été marqués par le combat contre les violences faites aux femmes, à commencer par celui de Seth Myers, qui présentait la cérémonie. Réputé pour son humour corrosif, le présentateur de late show a ouvert les Golden Globes en saluant les femmes de l'assistance et "les hommes qui restent". "Ça fait des années que les hommes blancs n'ont pas été aussi nerveux à Hollywood. Messieurs, c'est bien la première fois dans ces derniers mois que vous n'aurez pas peur d'entre vos noms à voix haute", a-t-il enchaîné, avant de nommer Harvey Weinstein lui-même. "Harvey Weinstein n'est pas ici ce soir parce que j'ai entendu des rumeurs disant qu'il était fou et qu'il était difficile de travailler avec lui. Mais ne vous inquiétez pas. Il reviendra dans 20 ans, quand il sera la première personne huée dans notre séquence 'In Memoriam'."

Le discours d'introduction de Seth Meyers

Toute la cérémonie a été marquée par des discours forts et engagés de la part des lauréates, de Nicole Kidman, sacrée pour son rôle de femme battue dans la mini-série Big Little Lies, a celui de Frances McDormand, qui a reçu le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique pour son rôle dans 3 Billboards, les panneaux de la vengeance, en passant par Elisabeth Moss, récompensée pour son rôle dans The Handmaid's Tale. L'actrice a ainsi tenu à rendre hommage aux "briseuses de silence" en leur dédiant son prix. "Ceci est pour vous et pour toutes les femmes [...] suffisamment courageuses pour s'élever contre l'intolérance et l'injustice", a-t-elle déclaré.

Mais le discours le vibrant de la soirée est sans conteste celui d'Oprah Winfrey. Récompensée pour l'ensemble de sa carrière du Cecil B. DeMille Award, l'animatrice et productrice star de la télévision américaine a délivré un ardent message aux jeunes filles et femmes qui se battent chaque jour pour leurs droits et contre les violences sexistes et sexuelles en invoquant l'histoire de Recy Taylor, une jeune femme noire violée et laissée pour morte en 1944 par ses six bourreaux. Ces derniers n'ont jamais été poursuivis ni même inquiétés pour leurs actes. Recy Taylor est morte il y a quelques jours, à l'âge de 98 ans. "Pendant trop longtemps, les femmes n'ont pas été écoutées ou crues. Donc je veux que toutes les jeunes filles qui regardent maintenant sachent qu'une aube nouvelle se profile à l'horizon. Et lorsque cette nouvelle aube sera finalement arrivée, ce sera parce que de nombreuses femmes magnifiques, dont de nombreuses sont dans cette salle ce soir, et quelques hommes plutôt phénoménaux, se battent durement pour s'assurer qu'elles deviendront les leaders qui nous conduiront vers une époque où plus personne n'aura jamais à dire 'Me Too', a conclu Oprah Winfrey devant une standing ovation.

Un palmarès girl power

Le palmarès des Golden Globes a très nettement reflété ces prises de position contre le sexisme et les discriminations raciales. De Big Little Lies à The Handmaid's Tale, en passant par Lady Bird de Greta Gerwig, nombreuses sont les oeuvres mettant en lumière des femmes fortes à avoir été primées, que ces dernières se soient trouvées devant ou derrière la caméra. Seule entorse à ce bel esprit féministe, la catégorie "Meilleur réalisateur", où n'étaient nommés que des hommes, comme l'a fait remarquer Natalie Portman. "Voici la liste entièrement masculine des nommés pour le prix de meilleur réalisateur", a déclaré l'actrice, invitée à remettre le prix aux côtés du cinéaste Ron Howard, ce qui n'a pas manqué de faire mouche auprès de l'assistance.

La liste complète des lauréat.e.s et oeuvres primées :

Cinéma :

Laurie Metcalfe, Greta Gerwig et Saoirse Ronan, primées pour Lady Bird (Meilleur film, meilleure actrice)
Laurie Metcalfe, Greta Gerwig et Saoirse Ronan, primées pour Lady Bird (Meilleur film, meilleure actrice)

Meilleur film dramatique : Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

Meilleur film comique ou musical : Lady Bird

Meilleur acteur dans un drame : Gary Oldman, Darkest Hour

Meilleure actrice dans un drame : Frances McDormand, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

Meilleure acteur dans une comédie ou un film musical : James Franco, The Disaster Artist

Meilleure actrice dans une comédie ou un film musical : Saoirse Ronan, Lady Bird

Meilleur acteur dans un second rôle : Sam Rockwell, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

Meilleure actrice dans un second rôle : Allison Janney, I, Tonya

Meilleur réalisateur : Guillermo del Toro, The Shape of Water

Meilleur scénario : Martin McDonagh, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

Meilleure musique : Alexandre Desplat, The Shape of Water

Meilleure chanson : "This Is Me, The Greatest Showman"

Meilleur film animé : Coco

Meilleur film étranger : In the Fade

Télévision :

Le casting de Big Little Lies
Le casting de Big Little Lies

Meilleure série dramatique : The Handmaid's Tale

Meilleure mini-série : Big Little Lies

Meilleur acteur dramatique : Sterling K. Brown, This is Us

Meilleure actrice dramatique : Elisabeth Moss, The Handmaid's Tale

Meilleure série comique : The Marvelous Mrs. Maisel

Meilleure actrice de série télé de comédie : Rachel Brosnahan, The Marvelous Mrs. Maisel

Meilleur acteur de série télé de comédie : Aziz Ansari, Master of None

Meilleure second rôle féminin dans une mini-série : Laura Dern, Big Little Lies

Meilleure second rôle masculin dans une mini-série : Alexander Skarsgard, Big Little Lies

Meilleure actrice de mini-série : Nicole Kidman, Big Little Lies

Meilleur acteur dans une mini-série : Ewan McGregor, Fargo

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