Sarah Paulson "regrette" d'avoir porté une combi pour se grossir dans "American Crime Story"

"Impeachment", créé par Ryan Murphy
"La grossophobie est réelle". A quelques jours de la sortie de la série "American Crime Story - Impeachment", l'actrice Sarah Paulson revient sur sa décision de porter une combinaison grossissante pour incarner le personnage de Linda Tripp. "Une conversation importante qu'il faut avoir", affirme-t-elle.
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American Crime Story - Impeachment est le troisième volet de la série américaine qui relate les plus gros scandales juridiques du pays. Après les deux premières saisons qui s'attaquaient au procès d'OJ Simpson pour le meurtre de sa femme (The People v. O.J. Simpson), et à l'assassinat de Gianni Versace (The Assassination of Gianni Versace), c'est aujourd'hui à l'affaire entre Monica Lewinsky et le président Bill Clinton d'être adaptée en fiction sur nos petits écrans. Derrière le projet, la principale concernée, puisque la productrice exécutive n'est autre que Monica Lewinsky elle-même.

Pour l'interpréter, on retrouve Beanie Feldstein (Booksmart), Clive Owen dans le rôle de Bill Clinton et Sarah Paulson dans celui de Linda Tripp, figure controversée à l'origine des révélations sulfureuses qui ont bouleversé l'Amérique des années 90 - et mené au procès en vue d'une destitution du chef d'Etat.

Seulement ces dernières semaines, ce n'est pas tant l'implication de celle qu'elle incarne qui a déclenché une polémique, que les artifices par lesquels est passée l'actrice pour lui ressembler. Ou plus précisément, le costume "grossissant" (ou "fat suit") qu'elle a enfilé pour coller au personnage, en plus des prothèses faciales et de la perruque blonde.

"Cette controverse est légitime"

En novembre dernier, à la suite d'un cliché publié par l'actrice pour annoncer le projet, nombreuses ont été les voix indignées à s'élever contre ce qu'elles considéraient comme un comportement grossophobe. Sarah Paulson est revenue sur ces critiques lors d'une interview pour le Los Angeles Times, pas plus tard que cette semaine.

"Il m'est très difficile d'en parler sans avoir l'impression de trouver des excuses", confie-t-elle dans les colonnes du journal. "Il y a beaucoup de controverse autour des acteurs et des costumes grossissants, et je pense que cette controverse est légitime. Je pense que la grossophobie est réelle. Je pense que prétendre le contraire cause davantage de tort. Et c'est une conversation très importante à avoir". Sans aucun doute.

Elle continue toutefois, argumentant que son métier ne se résume pas uniquement à l'apparence : "Mais je ne pense pas que toute cette responsabilité incombe à l'acteur qui choisit de faire quelque chose qui est sans doute - et je parle de l'intérieur - le défi d'une vie. Je pense que le fait d'imaginer que la seule chose qu'un acteur appelé à jouer ce rôle ait à offrir est son moi physique est une véritable réduction de l'offre que l'acteur doit faire."

"J'aimerais croire qu'il y a quelque chose dans mon être qui me rend apte à jouer ce rôle. Et que la magie des services de coiffure et de maquillage, des costumiers et des directeurs de la photographie fait partie de la réalisation d'un film, et de la suspension de la croyance, depuis l'invention du cinéma." Et d'interpeller : "Etais-je censée dire non [au rôle] ? Telle est la question."

"Je ne ferais pas le même choix à l'avenir"

Tout compte fait, l'actrice estime qu'elle aurait dû réfléchir à deux fois avant d'accepter l'offre - ou en tout cas, l'accoutrement associé - de jouer Linda Tripp.

"Je regrette de ne pas y avoir pensé de façon plus complète. Je sais aussi que c'est un privilège de pouvoir y réfléchir et d'avoir déjà pu le faire, d'avoir eu une opportunité que quelqu'un d'autre n'a pas eu. On ne peut apprendre ce qu'on apprend que lorsqu'on l'apprend. Aurais-je dû savoir ? Absolument, p*tain. Mais je le sais maintenant. Et je ne ferais pas le même choix à l'avenir."

Un mea culpa qui alimentera certainement le débat essentiel de la représentation des personnes grosses ou ne rentrant pas dans les standards de beauté à l'écran, encore cruellement minoritaires dans les productions américaines... comme françaises.