Virginie Grossat est une influenceuse et une artiste body positive qui dénonce la grossophobie ordinaire partout où elle le peut, étant elle-même victime de remarques misogynes et stigmatisantes. Mais aussi la fétichisation des femmes grosses, un sujet beaucoup plus silencié mais si réel !
Et dans le X, elle est légion, cette hyper sexualisation qui tourne au fétichisme pur et dur, catégorisé. BBW, pour BIG BEAUTIFUL WOMAN, et autres tags des plus éloquents viennent hyper sexualiser les principales concernées, érigées en fantasmes absolus.
Et déshumanisants ?
Tout cela, Virginie Grossat l'aborde non sans humour auprès de Sam Zirah dans une toute nouvelle interview de l'animateur-star de la téléréalité. L'interlocutrice commence par un témoignage : on lui a déjà conseillé de faire du X. Oui oui, de tourner dans des films pour adultes.
Pourquoi ? Pour devenir "millionnaire" et avoir une "grosse maison comme les Américaines", rien que ça. Si on lui a "recommandé" cela c'est parce que les femmes grosses sont "un marché à part entière", vraisemblablement, dans l'industrie du X. Un tag, une catégorie, comme on le dit plus haut, exactement comme le sont les personnes racisées. Bon, on s'en doute, la principale concernée a refusé. Mais ses mots en disent long sur une hyper sexualisation à outrance.
Qui n'est pas forcément synonyme de respect ou d'adulation. L'influenceuse poursuit...
Virginie Grossat met en lumière ce qu'on évoque rarement : oui, les femmes grosses sont discriminées, dans l'espace public notamment, les transports en commun, les salles de spectacle, les lieux de restauration, le milieu professionnel, mais elles sont aussi hyper fétichisées et sexualisées.
Jusqu'au point où cela en devient dégradant ? En tout cas, à l'instar des femmes noires, au cœur du tag "interracial" et autres "ebony", et même des hommes noirs, pour ne citer que cela, les principales concernées sont à la fois victimes d'une grossophobie exacerbée et décomplexée et d'une fétichisation sexuelle outrancière. Elles deviennent simplement des fantasmes sur pattes, pour vous résumer cela en deux mots.
Mais si cela les met au centre de toute une industrie, est-ce forcément synonyme de pouvoir ? Pas forcément, suggère Virginie Grossat dans cette entrevue sans filtre. On l'écoute : "Tous les jours on me demande si j'ai un Only Fans", décrit-elle avant de développer son point de vue.
"Tu deviens une Super Big Beautiful Woman ou une Big Beautiful Woman si tu rentres dans ce genre de plateformes. J'ai reçu plein de DMS de managers qui te mettent sur ces sites-là et me promettent des grosses sommes d'argent. Moi sais être sexy quand il le faut et vendre mes charmes mais je n'irais pas sur ces plateformes. Les filles là-bas elles sont magnifiques hein et je les trouve incroyables, je like à fond, mais pas qui je suis au fond, je suis pas une grosse coquine on va dire"
A l'instar des catégories de population citées plus haut, il s'agit avant tout de générer de l'argent sur les fantasmes pas toujours valorisants, voire dégradants, d'un large public qui catégorise, qui objectifie, d'une certaine façon. Voire, littéralement : érigeant sur des critères physiques une silhouette dite "généreuse" en partie non négligeable d'une marchandisation globale où si beaucoup de femmes prennent le pouvoir, d'autres se retrouvent à l'inverse assujetties.