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La mannequin Halima Aden quitte la mode qui veut cacher son hijab
Publié le 30 novembre 2020 à 15:56
Quitter le milieu de la mode pour conserver son hijab : c'est ce geste militant que prône aujourd'hui l'iconique mannequin somali-américaine Halima Aden.
Halima Somali à la soirée Vanity Fair Oscar Party de Los Angeles. Halima Somali à la soirée Vanity Fair Oscar Party de Los Angeles.

Si vous ne suivez pas encore l'iconique Halima Aden sur Instagram, il n'est pas trop tard. Sur ses réseaux sociaux, la mannequin somali-américaine (la première a avoir participé au concours de Miss Minnesota) partage à son million de fans son quotidien et son style, mais aussi ses pensées sans filtre. Chez elle, sincérité et style se marient volontiers : rappelons que la jeune femme fut la première mannequin à avoi posé en hijab et burkini dans le magazine Sports Illustrated Swimsuit. Et ses dernières sorties sont tout aussi militantes.

L'espace de quelques stories retentissantes, la figure de la mode a effectivement affirmé : "Si mon hijab ne peut plus être aussi visible sur les podiums, alors je ne m'y présenterais plus". Comme l'indique Hello Giggles, la mannequin craint que sa profession entre de plus en plus en conflit avec ses croyances religieuses, au sein d'une sphère peu inclusive.

A l'écouter, la sphère fashion serait carrément "toxique". Et c'est pourquoi la top déclare vouloir stopper net les défilés. Et quitte à risquer d'entrer sur la liste noire, elle persiste et signe dans ses stories Insta : marques et créateurs pourraient "l'appeler dès demain" et lui proposer "10 millions de dollars", cela ne changerait rien à ses convictions : "Je ne risquerais plus jamais de compromettre mon hijab", dit-elle dans ses publications.

"Ma mère m'a demandé d'arrêter le mannequinat il y a longtemps. J'aurais aimé ne pas être aussi sur la défensive'', écrit la mannequin de 23 ans. "Grâce au Covid-19 et mon éloignement avec l'industrie de la mode, j'ai enfin réalisé où je me suis trompée dans mon voyage avec le hijab."

"Ce n'était pas moi"

"Nous devons tenir des conversations à ce sujet pour changer vraiment le système", ajoute Aden. Aujourd'hui, la mannequin regrette d'avoir accepté des défilés et shooting sans son hijab (au profit d'un foulard plus "passe-partout), parce que ses croyances religieuses n'étaient pas en adéquation avec les normes des marques - et de l'industrie de la mode en général.

A l'adresse de ses followers, elle en appelle désormais à un vaste éveil des mentalités. "C'est la base pour aller de l'avant... et si vous voulez travailler avec moi", tacle-t-elle encore.

Elle explique par exemple qu'on lui avait placé un jean sur la tête pour la marque de jean American Eagle et une autre où elle était représentée comme le tableau de Vermeer La jeune fille à la perle, avec un foulard, mais pas de hijab. "J'aurais dû refuser poliment [ces shootings] pour cette raison : où est le hijab ?", déclare-t-elle.

En février 2020 déjà, Halima Aden rappelait au Guardian que le hijab faisait partie intégrante de son identité, et qu'il était indiqué comme non-négociable dans son contrat avec son agence IMG Models.

Aden envisage le droit au hijab comme une liberté fondamentale, dans la mode et ailleurs. Et les restrictions qu'elle a du accepter comme un mépris de sa propre personne. "La vérité est que j'étais très mal à l'aise dans ce genre de situations. Ce n'était pas moi", déplore-t-elle aujourd'hui. Des déclarations qui ont suscité hourras et encouragements.

Tant et si bien que la mannequin s'est permise une jolie réponse sur Insta. "Je suis tellement submergée par les témoignages de soeurs qui ont partagé leur propre cheminement personnel avec le hijab. Je suis si fière que tout cela ait résonné non seulement chez les femmes musulmanes, mais aussi chez toutes les filles. Je ne me suis jamais sentie aussi comprise. Cela me rappelle que nous sommes toutes dans le même bateau", s'est-elle réjouie.

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
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