Société
"Il a éteint ma bouche en y plaquant la sienne" : cette journaliste raconte son viol, perpétré par le directeur d'un média
Publié le 24 janvier 2025 à 19:30
La journaliste Noémie Luciani, également ambassadrice de l'association MeTooMedia, a été entendue à l'Assemblée Nationale, le 16 janvier, dans le cadre de la commission d’enquête relative aux violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité.
"Il a éteint ma bouche en y plaquant la sienne" : cette journaliste raconte son viol, perpétré par le directeur d'un média
À l'Assemblée Nationale, où l'enquête sur les violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité se poursuivent. Le 16 janvier, Noémie Luciani, journaliste et ambassadrice de l'association MeTooMedia, a livré un témoignage bouleversant. Elle raconte le viol qu'elle a subi à Cannes, où elle s'était rendue lors du festival pour la revue pour laquelle elle travaillait. Son agresseur présumé serait l'ancien directeur d'un média. "J'attends que la justice nous entende, moi et cette jeune femme qu'il a agressée durant deux éditions d'un festival où elle travaille", a-t-elle déclaré en colère. Noémie Luciani a porté plainte et, en attendant qu'elle obtienne peut-être justice, le média de son agresseur présumé l'a démis de ses fonctions.

Une nouvelle journée s'achève à l'Assemblée Nationale, où l'enquête sur les violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité se poursuivent. 

À lire aussi : "Je suis sortie du bureau la bouche en sang" : les témoignages des victimes de violences présumées de cet humoriste se multiplient

Le témoignage de Noémie Luciani

Le 16 janvier, Noémie Luciani, journaliste et ambassadrice de l'association MeTooMedia, a livré un témoignage bouleversant. 

À lire aussi : "Il a été acquitté et moi j’ai été broyée", cette journaliste victime de viol explique pourquoi elle regrette d’avoir porté plainte

Elle raconte le viol subi à Cannes, où elle s'était rendue lors du festival pour la revue pour laquelle elle travaillait. À l'époque, son rédacteur en chef lui avait fait miroiter un CDI et elle souhaitait s'en montrer digne. Professionnelle, elle raconte avoir fait la conversation à un directeur de média, sans citer son nom. Le soir même, elle raconte que ce dernier l'a violée sur le balcon de la chambre où dormait son rédacteur en chef après que ce dernier a fermé les stores. 

"Je suis restée enfermée sur le balcon avec l'homme cultivé et mes mots pour seule arme, qui ne m'ont pas sauvée", se souvient-elle émue. Alors qu'elle tentait de parler sans interruption, prise par le stress, elle raconte : "Il a éteint ma bouche en y plaquant la sienne, immobile et glacée. J'ai pensé : voilà à quoi cela doit ressembler d'embrasser un cadavre. J'ai pensé "non" mais ses lèvres fermaient les miennes alors j'ai tenté de m'enfuir et il m'a rattrapée". 

Média et cinéma, même combat

Depuis, Noémie Luciani a porté plainte contre son violeur présumé. "J'attends que la justice nous entende, moi et cette jeune femme qu'il a agressée durant deux éditions d'un festival où elle travaille", dit-elle en colère. Seule victoire pour l'instant, le fait que le média de son agresseur présumé l'a démis de ses fonction. Plus tard dans son témoignage, elle dresse le parallèle entre les hommes évoluant dans l'univers des médias et ceux du cinéma. 

"Personne ne semble faire l’hypothèse que les critiques peuvent se comporter comme les prédateurs du cinéma sur lesquels ils écrivent, souligne la journaliste. Pourtant, ils se ressemblent. Leur cible est jeune, souvent des femmes, toujours précaires. Ils leur promettent en guise de tapis rouge leur nom sur du papier glacé." 

Appelant à poursuivre le combat pour obtenir justice et retirer aux agresseurs leur impunité, elle cite Bertol Brecht. "Nos défaites, voyez-vous, ne prouvent rien. Sinon que nous sommes trop peu nombreux à lutter contre l'infamie. Et nous attendons de ceux qui regardent qu'ils éprouvent au moins quelque honte."

Par C.L | Journaliste
Camille est spécialisée sur les sujets qui traitent des femmes dans la société.
Mots clés
Société Viol journalisme cinéma
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