Valérie Lemercier refuserait autant que faire se peut les scènes de sexe et de nu devant les caméras. Bien que dans Main dans la main, à découvrir gratuitement sur francetv, elle fasse montre de sa sensualité très naturelle, lors de séquences aussi lunaires que charnelles, hyper organiques en compagnie de son âme-soeur (un homme à qui elle est surnaturellement liée), entre strip tease amoureux et jeux de mains, jeux de vilains.
Une œuvre féministe signée Valérie Donzelli, très décalée et drolatique, qui relate l'histoire d'une grande dame du ballet se retrouvant pieds et poings liés avec un homme comme les autres. Lequel ne peut s'empêcher d'associer ses mouvements à cette femme plus âgée que lui. Ils deviennent inséparables, sans le vouloir : quand il bouge, elle bouge, et réciproquement, ce qui induit forcément quelques scènes gentiment taquines. Entre la romance et l'humour visuel.
Et cela entraîne notamment une drôle de séquence d'amour très ovniesque, où se côtoient tel un couple idyllique le surréalisme et la cocasserie. C'est aussi savoureux à regarder qu'indescriptible. Toute une humeur s'y énonce.
Et l'actrice Césarisée pour sa grandiose performance dans Aline, y donne le la à une féminité à la fois élégante et burlesque, entre danse contemporaine, expression de soi qui passe intensément par le corps, à l'instar des grandes du cinéma muet, et face à face tout en gestes et en caresses réciproques. Tout un art qui exige un visionnage pour être pleinement compris. Donzelli lui consacre un regard attentionné et tendre, fière de l'ériger en protagoniste de rom com.
Cela alors que la comédienne l'affirmait avec fracas sur le plateau de C à vous : elle refuse les scènes de sexe et de nudité. "Vous pouvez vérifier mes contrats", y raconte-t-elle avec un humour qui n'appartient qu'à elle. Avant de poursuivre face à une Anne-Elisabeth Lemoine (ou Babeth) interloquée...
Valérie Lemercier l'explique dans C à vous : elle refuse de se dénuder face aux caméras. Comme un choix intime et politique : pas de poils, pas de poitrine dévêtue, pas de plan gratuit sur ses fesses, si en tout cas le scénario ne confère pas à ces images de solides arguments. Dans Main dans la main, la nudité existe, et elle est sensée : elle contribue à la joyeuseté de ce récit, et à son concept, nous introduire à des personnages qui sont avant tout des corps doués de sentiments. Et oui.
Elle assène quand on lui pose la question : "Mes contrats au cinéma depuis toujours, c'est sans poils ni gémissements. Et alors, ça va pas s'arranger avec le temps. Je veux dire que je faisais déjà pas à 20 ans, donc... Donc, non, non, non, pas la peine. S'ils veulent faire des poils et des gémissements, il faut qu'ils changent d'actrice et puis, voilà."
Identique son de cloche auprès de Laurent Delahousse, à qui elle détaille sans chichis : "J’ai pas envie de me retrouver, voilà, je préfère faire des comédies, je préfère faire rire. Lino Ventura disait : ’Je fais pas de baisers dans les films’, moi je fais des baisers mais je ne baise pas»
Voilà qui est dit.
Si dans Main dans la main elle accepte des séquences de corps à corps d'une grande douceur, et plutôt audacieuses, qui font la part belle en vérité à une émotion hyper charnelle, jamais loin d'un effeuillement façon galerie d'art, c'est pour servir une fable féministe et réjouissante qui sort du lot. Des cases, et du regard masculin qui hyper sexualise à foison.