En Inde, des femmes forcées de passer des tests gynécologiques "pour le travail"

Des étudiantes indiennes forcées à passer des tests gynéco/photo d'illustration
Des étudiantes indiennes forcées à passer des tests gynéco/photo d'illustration
"C'est une agression sexuelle". En Inde, on a contraint des dizaines de femmes à passer des tests gynécologiques. Une manière comme une autre de contrôler leur corps et leur intimité. Des révélations tout simplement scandaleuses.
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"Prouver leur aptitude au travail". C'est cette raison en toc que l'on a asséné à quelques dizaines d'employées Indiennes afin de les forcer à subir des tests gynécologiques. Stagiaires au service du gouvernement, ces femmes se seraient même vues contraintes de passer des tests de grossesse. Édifiant.

En Inde, on a pas simplement forcé une soixante d'étudiantes à se déshabiller pour voir si elles avaient leurs règles. Non, les autorités patriarcales déplacent également leur pouvoir au sein de la sphère professionnelle. C'est ce que révèle ce scandale qui a pris place dans la ville de Surat, dans l'ouest du pays. Tel que le relate la BBC, les stagiaires en question ont dû se déshabiller pour passer ces tests, effectués au sein d'un hôpital gouvernemental, l'Institut municipal de recherche et d'enseignement médical de Surat. La démonstration d'une violence d'Etat, dont les femmes font systématiquement l'objet.

Des méthodes "déplorables"

"Si [ces employeurs] avaient le moindre doute sur la santé d'une employée, ils auraient dû passer des tests d'une manière acceptable ", se scandalise le chef de syndicat Ahmed Shaikh, fustigeant au passage les méthodes "hautement déplorables" du personnel hospitalier. Effectivement, les stagiaires victimes de ces tests abusifs - qui ont finalement déposé plainte - ont été forcées de se réunir par groupes entiers dans la même pièce, dénudées, afin de subir la consultation (très intime) des femmes médecins.

Un manque de respect d'autant plus flagrant qu'un mince rideau était "la seule chose qui bloquait la vue de l'extérieur", comme le rapporte la BBC : la porte de la chambre de consultation n'était effectivement pas fermée. Mais ces détails n'empêchent pas la doyenne de l'hôpital Vandana Desai de nier toute forme d'abus. A l'écouter, au sein de son établissement auraient été effectués près de 4 000 tests physiques "sans que jamais une seule plainte ne soit entendue". Mais ces mots sont loin de convaincre les autorités.

Le commissaire municipal de Surat, Banchhanidhi Pani, a déjà lancé une enquête sur ces tests contraignants, laquelle devrait aboutir, d'ici une quinzaine de jours, à un rapport officiel détaillé. Le maire de la ville lui-même, Jagdish Patel, a fustigé ces révélations : "Nous prendrons des mesures strictes contre les coupables si les allégations formulées par les employées se révèlent vraies", poursuit-il du côté de la BBC.

En attendant la fin de l'enquête et l'annonce d'un verdict très attendu, cet énième cas de violences faites aux femmes en Inde suscite l'indignation sur les réseaux sociaux. "Si ces femmes étaient forcés, alors c'est une agression sexuelle", affirme à juste titre un internaute. On ne peut mieux dire.