J.K. Rowling dérape : l'autrice d'Harry Potter accusée de transphobie

JK Rowling dérape : l'autrice d'Harry Potter accusée de transphobie
JK Rowling dérape : l'autrice d'Harry Potter accusée de transphobie
Dimanche 7 juin, le nom de J.K. Rowling fusait sur Twitter. La raison : des propos jugés transphobes qui ont déclenché un véritable tollé.
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Ce dimanche 7 juin, le nom de l'autrice de Harry Potter figurait parmi les mots les plus mentionnés sur Twitter. Au milieu des hashtags "Fête des mères" et "Bonne fête maman", trônait "JK Rowling", avec plus de 820 000 tweets à son sujet. Et cela n'avait rien à voir avec l'ambiance festive ou commémorative de la journée. Bien au contraire.

La veille, samedi 6 juin, l'écrivaine britannique relayait une publication du site d'information devex.com, qui titrait "Creating a more equal post-COVID-19 world for people who menstruate" ("Créer un monde post-Covid-19 plus égalitaire pour les personnes qui ont leurs règles"). Un sujet nécessaire, surtout quand on sait les conséquences destructrices du tabou qui l'entoure. Mais plutôt que d'encourager ses abonné·e·s à lire, apprendre et écouter la parole des concerné·e·s, J.K. Rowling s'est arrêtée sur l'expression utilisée par le média : "Les personnes qui ont leurs règles".

"Je suis sûre qu'il y avait un mot pour ces personnes. Aidez-moi. Wumben ? Wimpund ? Woomud ?", écrivait l'autrice de la saga Harry Potter en feignant d'avoir oublié le mot "women", ou "femmes". Zeke Smith, un homme trans connu outre-Atlantique pour sa participation à l'émission Survivor, le Koh-Lanta local, a répondu avec un rappel essentiel : "Coucou ! Je suis un homme ! J'ai mes règles ! Cessez d'être un trou de b...".

Dans un tweet en réponse à une docteure qui l'accuse d'invibiliser les femmes cis, il a également développé pourquoi utiliser "People who menstruate", ou "les personnes qui ont leurs règles", revient à être plus inclusif. Cela "comprend aussi les personnes non-binaires", explique-t-il, soit celles qui ne s'identifient pas comme appartenant à un genre ou l'autre en particulier.

Il déplore : "J'en ai assez que le monde prétende que mon corps et mon expérience n'existent pas, et que je doive passer au second plan et en être heureux." Une internaute lance à son tour : "Le mot 'femmes' n'est pas transphobe. Ce qui est transphobe, c'est d'utiliser le mot 'femmes' comme synonyme de 'personnes qui ont leurs règles'. Toutes les femmes n'ont pas leurs menstruations. Et toutes les personnes qui ont leurs règles ne sont pas des femmes."

Des explications qui ne passent pas

Devant les invitations à s'informer davantage sur la transidentité et la colère qu'a suscité son post, J.K. Rowling a décidé de s'expliquer dans un long thread. "Je respecte le droit de chaque personne trans de vivre comme bon leur semble. Je marcherai à vos côtés si vous êtes victimes de discrimination en raison de votre transidentité", assure-t-elle.

"En même temps, ma vie a été façonnée par le fait d'être une femme. Je ne crois pas que dire cela relève de la haine. L'idée que des femmes, comme moi, qui sont en empathie avec les personnes trans depuis des décennies et éprouvent un lien avec elles parce qu'elles sont tout aussi vulnérables que les femmes – à la violence des hommes, par exemple –, haïraient les personnes trans car elles pensent que le sexe [masculin et le sexe féminin] est une réalité est absurde."

Elle poursuit : "Si le sexe n'est pas une réalité, alors il n'y a pas d'attirance de 'même sexe'. Si le sexe n'est pas une réalité, la réalité de ce que vivent les femmes dans le monde est effacée. Je connais et j'aime des personnes trans, mais effacer le concept de sexe empêche beaucoup de personnes de parler de leurs vies. Ce n'est pas haïr que de dire la vérité."

Comme le remarque 20 Minutes, si l'on regarde ses propos de plus près, l'autrice emploie le mot "sex" ("sexe") plutôt que "gender" ("genre"). Un choix qui laisse à supposer que pour elle, l'identité de genre serait renvoyée aux organes génitaux d'une personne. "Autrement dit, elle laisse entendre qu'elle ne considère pas une femme trans comme une femme, ni un homme trans comme un homme", détaille le journal.

Pour Charlotte Clymer, militante et autrice américaine, la traduction est claire : "Vous n'aimez pas les trans, et ne vous souciez certainement pas de nous". Elle rappelle également que "Le vaste consensus des experts médicaux et scientifiques valide les personnes trans et nous incite à nous affirmer. Les organisations médicales de votre propre pays ont dit la même chose."

En décembre 2019, J.K. Rowling avait déjà apporté son soutien à Maya Forstater, licenciée de l'ONG pour laquelle elle travaillait pour avoir lâché sur les réseaux sociaux que "les hommes ne peuvent pas devenir des femmes" et qu'il est "injuste et dangereux que les femmes trans concourent dans des sports féminins." Samedi 6 juin, en plus de son tweet qui condamnait l'expression "personnes qui ont leurs règles", elle partageait un billet intitulé "Anonymous Letter from a Terrified Lesbian" ("Lettre anonyme d'une lesbienne terrifiée", en français), signé de l'autrice lesbienne Julia Diana Robertson, souvent qualifiée de "TERF", un acronyme qui signifie Féministes radicales excluant les trans.