Ce spot célèbre les capacités hors normes de Caster Semenya, interdite de Jeux olympiques

Ce spot célèbre les capacités hors-normes de Caster Semenya, interdite de Jeux olympiques
Ce spot célèbre les capacités hors-normes de Caster Semenya, interdite de Jeux olympiques
"Je suis une femme et je suis rapide". Dans ce court film animé, Caster Semenya est mise à l'honneur. Une vidéo réalisée par la marque de produits d'hygiène Lux qui déclare ainsi son soutien à l'athlète bannie des JO pour son taux élevé de testostérone.
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"Caster [Semenya] est interdite de concourir pour ce qu'elle est". C'est ainsi que démarre la vidéo d'animation pour la marque de produits d'hygiène Lux, intitulée Born This Way et accompagnée du hashtag #IStandWithCaster. Une phrase qui résume bien la polémique autour du ban de l'athlète sud-africaine, et qui signe un nouveau soutien à sa cause.

Pour rappel, en 2009, la jeune femme alors âgée de 18 ans et venant de remporter sa première médaille d'or aux Internationaux d'athlétisme de Berlin, avait été soumise à un test de "féminité". La raison : on la suspectait d'être un homme, ou d'être hermaphrodite. L'examen a révélé qu'elle disposait d'un taux de testostérone trois fois supérieur à la moyenne des autres femmes. Un phénomène qui porte un nom : l'hyperandrogénie.

Ce diagnostic avéré n'a toutefois pas mis un terme aux questions insistantes et discriminations à son encontre. L'argument de la Fédération internationale d'athlétisme (World Athletics) ? Ce dérèglement hormonal favoriserait ses performances et représenterait un désavantage biologique pour les autres concurrentes. Résultat, si Caster Semenya veut poursuivre la compétition, elle doit prendre un traitement qui abaisserait ses niveaux de testostérone, stipule en 2018 le World Athletics. La jeune femme refuse, elle se retrouve ainsi interdite de Mondiaux en 2019, et de JO de Tokyo en 2021. Une injustice que dénonce la marque Lux, comme Nike avant elle.

"Je suis née comme ça"

#IStandWithCaster

"Caster est née avec une hyperandrogénie et, comme elle le dit souvent, 'Je suis une femme. Je suis née comme ça'", plaide auprès d'Animation Magazine Ai-lin Tan, la directrice artistique de Wunderman Thompson Singapore, l'agence derrière le court-métrage. "Notre idée est partie du constat que la plupart des champions sportifs sont nés avec une biologie extraordinaire - c'est ce qui leur permet de réaliser des performances de super-héros. Mais à la différence de Caster, ils sont célébrés, pas injuriés ou bannis. Nous avons donc décidé de créer un film d'animation qui mettrait en avant cette réalité pour soutenir le combat de Caster."

Pendant deux minutes, on suit la représentation 2D de celle qui lutte pour pratiquer sa passion. "Je dois dire que c'est difficile de croire que Caster est une femme" ; "Il n'y a rien de féminin chez elle" ; "Ce n'est pas une femme. Elle est en fait 'il'", entend-on alors que son personnage tente de rejoindre le stade, freinée par une matière qui l'enserre et l'oppresse.

La voix off met justement en exergue le parallèle entre le traitement réservé aux autres athlètes, eux et elles aussi porteur·se·s de capacités "extraordinaires", et celui imposé à Caster Semenya. "Lux pense que les femmes ne devaient pas être jugées pour leur apparence. Et aucune femme ne devrait jamais être privée de son statut de femme", conclut le spot inspirant.

De son côté, dans un communiqué du groupe Unilever qui détient Lux, la sportive s'est estimée "très heureuse de voir des marques (...) prendre courageusement parti pour ce qui est juste. Mon cas n'est qu'une expérience parmi tant d'autres qui peut être entendue et ressentie par les femmes du monde entier. Mon équipe continuera à mener le bon combat. Comme je l'ai toujours dit, ce combat ne concerne pas que moi. Il s'agit de l'avenir. Ces athlètes talentueuses en devenir qui seront confrontées à la même discrimination. Je dois m'assurer de pouvoir honnêtement dire que j'ai fait ma part".

Des mots puissants qui, on l'espère, porteront rapidement leurs fruits. Pas plus tard qu'en avril dernier, c'était au tour de l'athlète nigérienne Aminatou Seyni, championne dans sa catégorie (le 200m), d'être évincée des JO de Tokyo pour son hyperandrogénie.