Paul Feig s'est entretenu avec le magazine Première pour dévoiler les coulisses insoupçonnés des scènes de sexe et de nudité de La femme de ménage : comment mettre en scène Sydney Sweeney dans ces séquences sulfureuses sans jamais "l'objectifier" ? C'est l'un des enjeux auxquels s'est confronté celui qui ces dernières années s'est "spécialisé" dans les protagonistes féminines, seules contre tous bien souvent.
Dans les pages de la revue de cinéma, le réalisateur de la version "féminine" de Sos Fantômes, mais aussi de L'ombre d'Emily avec Blake Lively (oui, il aime les actrices controversées), est revenu sur ce sujet épineux : comment porter un projet (plus ou moins) féministe (il est quand même question de violences conjugales, de relation d'emprise, de féminicide, et même, de viol conjugal) tout en réalisant, en tant qu'homme d'un certain âge (le réalisateur est sexagénaire tout de même), des scènes impliquant sexe et nudité avec une jeune comédienne, en l'occurrence l'illustre Sydney Sweeney.
Et bien, la parole est au metteur en scène : "Je suis ce type dans la soixantaine, qui se demande tout le temps : Et si on essayait ça ?"
Le réalisateur développe ce point de vue. Lequel en dit long sur la particularité des scènes de nudité de ce film qui à l'instar du roman éponyme, devient un vrai phénomène culturel.
Paul Feig révèle les complications qu'il a pu ressentir durant ce tournage impliquant la nudité d'une actrice qui n'a jamais peur de ce genre d'exercice : Sydney Sweeney. Laquelle fait volontiers de son corps non seulement l'expression de son art, mais aussi un moyen de défendre des discours, féministes notamment - c''est le cas dans La femme de ménage, où les séquences ouvertement kitsch de sexe se jouent des codes et des archétypes, annonçant une seconde partie plus dramatique et surtout beaucoup plus cruelle.
Paul Feig à Première toujours : "Je ne veux sous aucun prétexte objectiver mes actrices ! C'est une règle intangible chez moi"
Sydney Sweeney nue dans La Femme de Ménage : un geste féministe ou des scènes de sexe gratuites ?
A la revue de cinéma, qui le tanne sur une "nudité nécessaire" (ou non) et sur le risque de "mettre mal à l'aise ses actrices", le réalisateur défend l'importance d'une certaine "élégance". Le magazine lui compare plus volontiers sa vision du sexe à celle d'Adrian Lyne, auteur de classiques kitsch très sexe des années 80 et 90, comme Neuf semaines et demi, classique où Kim Basinger livre notamment un numéro de strip tease torride.
Le magazine, encore, observe non sans facétie que ce refus "d'objectiver" ses actrices ne l'empêche pas d'avoir imaginé une lumière "qui épouse un peu trop les courbes de ses actrices", "sa caméra s'attardant sur les seins de Sydney Sweeney". Sombre-t-on là dans le male gaze, ce regard masculin qui vient calquer ses désirs sur le corps des actrices mises en scène d'une certaine façon, patriarcale, soumise au plaisir masculin ?
Un débat qui traverse tout le film, qui se sert de ses images "patriarcales" justement pour mieux les dénoncer. Et oui.