Société
L'écriture inclusive rend leur vie horrible : ce débat hyper réac est si lunaire qu'il fait rire
Publié le 15 janvier 2026 à 18:00
Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
Le saviez-vous ? Certains individus sont si obsédés par le point médian qu'ils en perdent le sommeil. Le féminisme, le iel, les pronoms de genre, la non-binarité, tout cela les rend si nerveux qu'ils fulminent et se sentent bâillonnés. Bienvenue à Réac Land.
L'écriture inclusive rend leur vie horrible : ce débat hyper réac est si lunaire qu'il fait rire
L'écriture inclusive rend leur vie horrible : ce débat hyper réac est si lunaire qu'il fait rire Le saviez-vous ? Certains individus sont si obsédés par le point médian qu'ils en perdent le sommeil. Le féminisme, le iel, les pronoms de genre, la non-binarité, tout cela les rend si nerveux qu'ils fulminent et se sentent bâillonnés. Bienvenue à Réac Land. Ou plutôt, sur le plateau très émotif d'Estelle Denis, l'économiste Pierre Rondeau : "Arrêtez de nous faire chier avec l'écriture inclusive ! C'est ça votre combat ? Le pronom iel ? Comme si avec cette écriture on allai améliorer la lutte féministe et stopper les féminicides ?". Et si on rappelait les mots de l'historienne Eliane Viennot ? A TV5 Monde, elle rappelle : "Le masculin générique n'a pas toujours existé. Et surtout ça dépend de qui on parle, des époques. Autrefois, quand on parlait de la politique ou des étudiants, on ne parlait que des hommes puisqu'il n'y avait que des hommes qui faisaient de la politique et qui pouvaient étudier !" Et l'érudite de poursuivre encore sur l'Ecriture inclusive : "Cela ne prend pas la même forme en anglais, espagnol, russe, roumain ou français mais c'est la même idée qui est derrière, et qui est appelée de différentes façons. En général, "non sexiste" c'était ce qui était le plus répandu, mais maintenant on a "inclusif" qui est équivalent." A l'unisson, Sandrine Rousseau affirme ainsi : "Le masculin n'a rien de neutre. C'est pourtant pas compliqué"
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Le saviez-vous ? Certains individus sont si obsédés par le point médian qu'ils en perdent le sommeil. Le féminisme, le iel, les pronoms de genre, la non-binarité, tout cela les rend si nerveux qu'ils fulminent. Bienvenue à Réac Land.

Ou plutôt, sur le plateau très émotif d'Estelle Denis, qui laisse la parole à un interlocuteur qui voit en l'épicène sa Némésis, l'économiste Pierre Rondeau : "Arrêtez de nous faire chier avec l'écriture inclusive ! C'est ça votre combat ? Le pronom iel ? Comme si avec cette écriture on allai améliorer la lutte féministe et stopper les féminicides ?".

Et l'orateur de poursuivre, vraisemblablement habité par la passion, auprès des hôtes de cette émission pas très woke : "La féminisation ne me choque pas car la langue française est une langue vivante, dire "autrice" par exemple. Mais les points médians c'est ça votre combat ? Je ne comprends pas alors que je suis déconstruit"

"Je ne comprends pas". Au moins, c'est honnête.

Ensuite, le fait d'aborder le pronom de genre non-binaire (iel, ou them dans la langue de Shakespeare) ou le point médian, comme s'il s'agissait d'une obligation (ce qui n'est clairement pas le cas dans la réalité réelle : le monde dans lequel nous vivons tous les jours et qui est très loin de celui décrit par RMC ou CNews) c'est un peu fort de café. Mais pourquoi pas. Sacrée dystopie qui nous est proposée là : une société où le point médian est imposé à tous et où le wokisme fait loi.

Lectures de Mona Chollet obligatoires tous les matins. Vous imaginez le cauchemar pour le plateau d'Estelle Midi.

Si le chroniqueur de cette émission semble pétri de bonnes intentions (il se dit "déconstruit") c'est un peu minimiser l'impact et la dimension politique, et féministe, justement, de la langue française, et donc de l'écriture inclusive, et du point médian, que de résumer cela à un combat futile.

Cela, ce n'est pas nous qui le disons. Mais de vraies expertes du sujet.

"C'est ça votre combat ?" : cet expert vanne les féministes mais on préfère leur laisser la parole sur l'écriture inclusive

Et si on rappelait les mots de l'historienne Eliane Viennot ? 

Une voix considérable pour comprendra la complexité mais aussi l'importance de l'écriture inclusive. A TV5 Monde, elle rappelle : "Le masculin générique n'a pas toujours existé. Et surtout ça dépend de qui on parle, des époques. Autrefois, quand on parlait de la politique ou des étudiants, on ne parlait que des hommes puisqu'il n'y avait que des hommes qui faisaient de la politique et qui pouvaient étudier !"

"De fait la langue française a été masculinisée pour accompagner la domination masculine dans une époque où rien n'était égal, le droit était inégal, les coutumes étaient inégales... L'écriture inclusive, c'est un nouveau mot pour quelque chose qui est plus ancien, qui est le langage non sexiste, le langage égalitaire, paritaire. C'est un effort qu'on observe dans tous les pays". 

Et l'érudite de poursuivre encore : "Cela ne prend pas la même forme en anglais, espagnol, russe, roumain ou français mais c'est la même idée qui est derrière, et qui est appelée de différentes façons. En général, "non sexiste" c'était ce qui était le plus répandu, mais maintenant on a "inclusif" qui est équivalent."

A l'unisson, Sandrine Rousseau affirme ainsi : "Le masculin n'a rien de neutre. C'est pourtant pas compliqué

Raphaël Haddad, fondateur de l'agence Mots-Clés, interviewé dans nos pages en 2021, ne disait pas mieux en vérité à ce propos. Notre interlocuteur nous expliquait : "L'écriture inclusive est un levier efficace pour faire progresser l'égalité entre les femmes et les hommes en changeant notre manière d'écrire. L'écriture inclusive, qui ne se résume pas au point milieu [ou point médian, ndlr], vient déconstruire tous les mécanismes du sexisme ordinaire, qui dilue les effets des lois et des réglementations".

"Il faut défendre l'écriture inclusive parce que l'écriture est engageante, c'est aussi une manière de donner de la force au sein d'une organisation à celles et ceux qui travaillent pour faire progresser l'égalité. Enfin, c'est un formidable levier de féminisation et de rajeunissement des audiences".

Au risque d'empêcher certains hommes ou éditorialistes de dormir ? 

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