En 2026, le rapport patriarcal entre les hommes et les femmes explose… et ça ne plaît pas visiblement à l’extrême droite.
Invité de France Inter le 11 janvier dernier pour la promotion de son dernier livre, Une France bousculée aux éditions de l’Aube, le sociologue Jean Viard a livré une analyse amère de la société d’aujourd’hui, qu’il a observée au cours de ses chroniques tenues pendant cinq ans sur France Info et dans laquelle les hommes et les femmes n’ont jamais été aussi opposés.
"Le masculin et le féminin sont en train d’exploser dans le rapport patriarcal", a-t-il confié au micro d’Ali Baddou. "Les femmes sont beaucoup plus autonomes, elles font des études, elles gagnent leur vie, elles font l’amour si elles en ont envie…", liste-t-il.
Des affirmations qu'il juge toutes globalement vraies, à une exception près toutefois, concernant la vie sexuelle. "C’est plutôt une femme sur deux quand vous regardez les études sur la vie intime", précise le sociologue. "Résultat, vous avez une contre-attaque populiste d’extrême-droite, il faut dire ce qu’elle est, et masculiniste, qui veut remettre les femmes sous la couette. (...) Il y a un combat qui est en train de se mettre en place."
Un discours qui s’apparente à celui de "c’était mieux avant", et qui résonne beaucoup en France aujourd’hui, signale Jen Viard. “Depuis presque 50 ans, vous avez un discours tenu par l'extrême droite qui fait écho dans les oreilles. Le monde d'hier, il était appuyé sur quoi ? Sur la domination des femmes, la domination de la nature et la domination des coloniaux, des immigrés. Le problème, c'est qu'on est en 2025 !”
Le sociologue va même jusqu’à parler de “conflit masculin féminin” qui explose dans la question politique. "Il y a presque 20 points d’écart entre le vote des dames, plus à gauche et plus écolo, et le vote des messieurs, conservateur voire carrément réactionnaire", remarque-t-il.
Autre changement marquant : la fin des institutions. "58% des bébés sont nés hors mariage en France en 2025", observe-t-il.
"On est sortis des cadres de la société industrielle précédente, on est dans une nouvelle société numérique qui a besoin de nouvelles matières premières, qui a besoin d’énergies différentes, d’énormément d’électricité, et qui a énormément besoin du cerveau des femmes, reconnaît l’expert. C’est pour ça qu’elles travaillent de plus en plus, et elles contribuent énormément à la richesse."
N’en déplaise aux masculinistes d’extrême-droite.
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