"De graves dangers pèsent sur les filles après l'explosion à Beyrouth"

"De graves dangers pèsent sur les filles après l'explosion à Beyrouth"
"De graves dangers pèsent sur les filles après l'explosion à Beyrouth"
Les ONG sonnent l'alarme : la situation au Liban est extrêmement inquiétante, et notamment pour les filles, qui risquent, entre autres, exploitation et violences sexuelles.
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Le Liban vit l'une des pires périodes de son histoire. Une triple crise - humanitaire, économique et sanitaire - aggravée par l'explosion du port de Beyrouth survenue le 4 août dernier.

Dans le pays du Moyen-Orient, deux-tiers des foyers ont subi une perte de revenus et 40 % de la population a été poussée sous le seuil de pauvreté. Plus de 70 000 personnes se sont retrouvées sans emploi après la catastrophe, avec des implications directes pour plus de 12 000 ménages, rapporte l'ONG Plan International. 70 % des importations ne peuvent plus être acheminées, engendrant un risque de pénuries de nourriture et d'autres produits essentiels, mais aussi une nouvelle flambée des prix, dans un pays où 85 % des besoins sont importés.

S'ajoutent à cela les lourds dommages constatés sur 178 écoles qui accueillaient 85 000 élèves, et une propagation de l'épidémie de Covid-19 en forte hausse après l'incident ; le nombre de cas infectés a doublé en un mois selon l'OMS, le pays est à nouveau confiné depuis le 21 août.

Surtout, ce sont 100 000 enfants qui sont directement touché·e·s par les conséquences de ces évènements, estime l'Unicef. Et en première position : les filles.

Exploitation et violences sexuelles

"La condition des filles au Liban, déjà en situation de vulnérabilité avant l'explosion, va empirer", alerte Plan International qui l'affirme : beaucoup sont susceptibles d'être exploitées sexuellement ou de subir des violences sexuelles. L'ONG épingle notamment les refuges dans lesquels ont dû s'installer les adolescentes séparées de leurs familles par l'explosion. "[Elles] vivent désormais dans des logements partagés ou dans des bâtiments dangereux, sans fenêtres, ni serrure à leurs portes, ni électricité la nuit", dénonce Marianne Samaha, directrice des programmes de Plan International au Moyen-Orient.

Mais ce n'est pas tout. La crise sanitaire qui engorge les hôpitaux, sollicités au maximum de leurs capacités pour recevoir les personnes affectées par le virus, complique de fait l'accès des adolescentes et des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive. Une situation "particulièrement dangereuse pour les femmes enceintes", souligne l'organisation. Et pour finir, l'exploitation économique qu'elles risquent pour aider financièrement leurs proches.

Colin Lee, directeur de Plan International au Moyen-Orient, analyse tragiquement : "Beaucoup de Libanais·e·s, les filles en particulier, ne se remettront peut-être jamais de cette crise sans un effort concerté de notre part." A cette urgence, l'ONG répond en fournissant des soins psychologiques aux enfants, en organisant des distributions de nourriture, de fournitures scolaires, de kits d'hygiène et de produits de première nécessité, mais aussi en facilitant l'accès des jeunes filles et femmes aux services de santé sexuelle et reproductive.