Je teste un mois végan : voici ma quatrième (et dernière) semaine

Je teste un mois végan : voici ma quatrième (et dernière) semaine
Je teste un mois végan : voici ma quatrième (et dernière) semaine
Fin octobre dernier, la PETA nous lançait un défi : suivre un régime végétalien tout au long du mois de novembre. Voici mes impressions après un mois de test.
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Au revoir viande, poisson, produits laitiers et oeufs. En octobre dernier, j'acceptais de me passer de produits alimentaires d'origine animale tout au long du mois de novembre suite à un challenge lancé par l'association dédiée à la protection des droits des animaux PETA. Après 30 jours de régime végétalien, l'heure est au bilan.

Comme je vous l'expliquais dès la première semaine de mon test, je n'ai jamais été une carnivore convaincue. Loin de là. Je ne mange que peu de viande, un peu plus de poisson mais suis en revanche une grande consommatrice d'oeufs et de produits laitiers - qui je le sais, ne sont pas tant nos amis que ça. C'est donc sur ces points que je redoutais plus particulièrement l'expérience, mon régime alimentaire n'étant jusqu'alors que peu varié en dehors de ces produits. Après un mois de test, je suis ravie de constater que je peux finalement bien m'en passer.

J'ai remplacé le lait de vache - que je consommais essentiellement pour le petit-déjeuner - par du lait de riz ou d'avoine, idéal dans mon café latte mais aussi dans la pâte à crêpes ou pâte à pancakes. En ce qui concerne les repas, le fait de devoir me passer d'oeufs, de poisson ou de viande m'a forcée à innover, me permettant ainsi de varier davantage mes repas. Moi qui me nourrissais quasiment chaque midi de tomates mozzarella ou d'oeufs brouillés au comté - je n'ai jamais été très patiente en cuisine - consomme désormais essentiellement du riz, du quinoa, des pâtes et surtout beaucoup de légumes. Je me suis aussi perdue dans les rayons de mon supermarché à la recherche de soja, tofu et seitan, histoire de varier un peu mes recettes et de découvrir de nouvelles saveurs. J'ai également eu l'occasion de tester le fromage végétal - ou fauxmage pour les intimes, dont je vous parlais juste ici - ainsi que le faux gras - la version végan du foie-gras - que je compte bien faire découvrir à mes proches à Noël.

Resto végan, à tester que l'on soit végétalien ou non

Je vous le disais dès le début de mon test : manger à la sauce végan est assez simple chez soi mais se complique bien souvent à l'extérieur. Contrairement à Londres ou Los Angeles, Paris n'est pas une ville si vegan friendly que ça et, en dehors de restaurants spécialisés, il est souvent compliqué de suivre son régime végétalien dans les rues de la capitale. Nos brasseries font toujours la part belle aux planches mixtes, au pavé de boeuf, au saumon frais et au poulet rôti et les alternatives végan manquent cruellement sur les cartes de nos bistrots. Poussant ainsi les végétaliens à se réfugier dans des enseignes véganes, à l'instar du restaurant Janine Loves Sunday, que j'ai eu l'occasion de tester cette semaine.

La carte, entièrement végan, n'a rien à envier à celle d'une brasserie "traditionnelle". Spaghetti façon bolognaise, cheeseburger, pizza royale, Pad Thaï ou encore kebab maison, le tout à la sauce végan, sont proposés au menu à des tarifs n'excédant pas ceux pratiqués partout ailleurs à Paris. Mon cheeseburger, composé de seitan, soja, champignons et petits légumes, rivalise parfaitement avec les burgers à la viande que je consomme habituellement.

Le goût du seitan, préparé à la sauce Janine, se rapproche de celui du steak, avec une texture plus fondante et moins grasse qu'un burger classique. Le fauxmage utilisé fait lui aussi parfaitement la parade et l'ensemble est plus que convainquant. Le Pad Thaï est lui aussi excellent et m'inspire pour de nouvelles recettes à la maison. Très parfumé, il prouve à lui seul qu'un plat n'a pas forcément besoin de viande ou de poisson pour être savoureux.

Je teste un mois végan : voici ma quatrième (et dernière) semaine
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Nous enchainons sur les desserts, un sunday maison, un fondant au chocolat et un cookie, eux aussi végans. C'est probablement sur ce point que je suis le plus surprise : je ne sens aucune différence avec leur version "traditionnelle", au point de me demander sérieusement si ce que je suis en train de manger a bien été fait sans beurre, sans oeufs et sans lait. Confirmation de la serveuse, tout est végan et n'a, selon moi, vraiment rien à envier aux desserts des autres brasseries parisiennes.

Je teste un mois végan : voici ma quatrième (et dernière) semaine
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Seconde adresse végan que j'ai eu l'occasion de tester cette semaine : Cloud Cakes , dans le 2e arrondissement de Paris, situé à deux pas de Janine Loves Sunday. Un café/salon de thé végan qui propose des cappucino, latte, macchiato ou chocolat chaud à base de laits végétaux. Leurs pâtisseries me font elles aussi méchamment de l'oeil et - pour l'amour du test bien entendu - je décide de goûter un banana bread, un carrot cake, un brownie et un cookie. Oui oui.

Je teste un mois végan : voici ma quatrième (et dernière) semaine
Je teste un mois végan : voici ma quatrième (et dernière) semaine

Verdict ? Comme chez Janine Loves Sundays, je ne sens aucune différence au goût ou à la texture. Le brownie végan s'avère tout aussi fondant que n'importe quel autre brownie, le carrot cake est lui plus parfumé que ceux que j'ai eu l'occasion de tester jusqu'alors, même chose pour le banana bread, lui aussi très fondant, et carton plein pour le cookie, croquant et gourmand comme je les aime. Ce test chez Cloud Cakes finit de me convaincre qu'en terme de pâtisseries, le lait, la crème le beurre et les oeufs ne sont finalement pas si nécessaires que ça. Je compte bien garder cette adresse sous le coude et, en dehors du test, y retourner régulièrement.

Les interrogations soulevées par le régime végétalien


Je vous en parlais dès ma première semaine de test : suivre un régime végétalien soulève de nombreuses questions en société mais aussi, parfois, un certain agacement. Mon entourage, surpris de ma démarche, ne m'a pas épargnée en terme de débats houleux et d'interrogations plus ou moins bienveillantes. Car, comme je vous l'expliquais juste ici, le véganisme déchaîne rapidement les passions. Il n'y a qu'à regarder les tweets qui accompagnent chaque article sur la question pour le comprendre. Ma démarche ne concernait pourtant que moi, je n'imposais rien à personne mais sentais malgré tout une certaine crispation en évoquant mon test.

Histoire de savoir quoi répondre - et pour l'amour de l'information - j'ai profité de ce mois de novembre pour creuser la question plus en profondeur. A l'inquiétude "mais tu ne vas pas avoir des carences ?", j'explique désormais que, selon la British Medical Association, les végétariens présentent les taux les plus faibles d'obésité, d'hypertension et de maladies cardio-vasculaires. Je parle également du rapport de 2015 de l'Organisation Mondiale de la Santé, qui dénonçait les risques accrus de cancers, maladies cardio-vasculaires et de diabète de type 2 en cas de surconsommation de viande.

A celles et ceux qui ne voient pas trop l'intérêt de ma démarche, j'évoque par ailleurs les vidéos d'élevages de la PETA ou L214 ou encore le reportage de Konbini sur les élevages de cochons français qui, personnellement, m'a fait arrêter le porc. Je leur parle aussi de l'impact environnemental de l'élevage, responsable de 14,5% des gaz à effet de serre, dont 9,5% uniquement générés par l'élevage bovin (Food and Agriculture Organization of the United Nations , 2013). Un constat inquiétant quand on sait que la demande de viande devrait augmenter de 73 % et celle de lait de 58 % entre 2005 et 2050 (Food and Agriculture Organization of the United Nations, 2011).

Le pouvoir du consommateur et de son panier de courses


Mon test s'achève demain et je ne compte pas faire une orgie de fromage, oeufs et charcuterie pour fêter ça. Me passer de viande et de poisson pendant un mois, sans que cela ne me manque vraiment ni que je me sente fatiguée ou amoindrie, m'a fait réaliser qu'il était possible pour moi de manger différemment, sur le moyen mais aussi le long terme. À condition de le faire sérieusement et faire en sorte d'équilibrer son alimentation.

Au fil de mes recherches et discussions au cours de ce mois de novembre, je réalise par ailleurs le pouvoir du consommateur pour faire changer les choses. En modifiant son panier de courses, tout simplement, et montrer ainsi que certaines choses ne sont finalement pas acceptables. Pour ma part, cette expérience va me faire changer pas mal de choses dans mon assiette, c'est certain.

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