Un archevêque mexicain proteste contre les violences faites aux femmes

Au Mexique, les violences faites aux femmes indignent les évêques.
Au Mexique, les violences faites aux femmes indignent les évêques.
Au Mexique, pays (très) loin d'être exempt de féminicides, les violences faites aux femmes ne laissent pas les archevêques indifférents. La preuve.
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Il y a des choses que l'on aime volontiers lire au réveil. Le coup de gueule de l'archevêque Victor Sanchez Espinosa est de celles-ci. Un coup de gueule, ou plutôt un cri d'alerte : le temps d'un discours prononcé à l'occasion d'un séminaire, l'homme d'église préoccupé a sensibilisé son audience au sujet des violences faites aux femmes, et à l'urgence d'y remédier sans plus tarder. C'est le site Vatican News qui rapporte ses propos emplis de bon sens.

"Les femmes ont un besoin extrême d'une meilleure sécurité dans la société", affirme l'archevêque, avant d'ajouter : "elles ne peuvent pas continuer à être victimes de viols, d'homicides, de violence et d'autres crimes". A lire les mots éclairés de Victor Sanchez Espinosa, il est grand temps qu'instances et autorités diverses luttent contre "les actes violents à l'égard des femmes et de tous les êtres humains". C'est sous couvert d'un adage tout aussi social que spirituel que l'orateur délivre sa conclusion. "La vie est sacrée et doit être protégée", achève-t-il. Un discours essentiel au sein de la société mexicaine...

Une situation critique

Au Mexique, la situation des femmes est critique.
Au Mexique, la situation des femmes est critique.

Car la situation au Mexique n'a rien d'un conte de fées. Chaque jour, neuf femmes y sont assassinées. Au premier semestre de 2019, nous apprend Public Radio International, la police mexicaine aurait reçue pas moins de 56 590 rapports de violences domestiques. Ce 17 août encore, elles étaient des milliers à descendre dans les rues de Mexico, pour exprimer leur colère face aux accusations de viols dont font l'objet plusieurs membres des forces de l'ordre. Interrogée par TV5 Monde, l'historienne Julia Tuñón Pablos, spécialiste de l'histoire des femmes au Mexique, déplore cette réalité nationale qui, chaque année, semble s'aggraver. "Le machisme est puissant au Mexique, même s'il est présent partout dans le monde. Ici il repose sur la force physique et la peur", explique-t-elle. Une violence banalisée.

L'an dernier déjà, nous rappelle le site d'informations RFI, le rapport d'ONU Femmes, l'entité des Nations Unies consacrée à l'égalité des sexes, présentait une angoissante recrudescence des violences sexuelles et des féminicides au sein du pays - neuf femmes assassinées chaque jour au Mexique, et 40% des Mexicaines avouant avoir été victimes d'agressions. D'autant plus que, précise l'ONU, ce n'est qu'une très infime partie des milliers de plaintes déposées qui aboutissent à une condamnation. C'est dire si le discours de l'archevêque Victor Sanchez Espinosa, aussi symbolique soit-il, n'a rien d'anecdotique.