Il a photographié ce que mangent les enfants à travers le monde

Ce que mangent les enfants à travers le monde en une semaine
Ce que mangent les enfants à travers le monde en une semaine
Le photographe américain Gregg Segal sillonne le globe à la rencontre d'enfants pour leur demander ce qu'ils mangent en l'espace d'une semaine. Une démarche originale et inspirante qui vise à prévenir de la malnutrition et des effets néfastes de la malbouffe sur la santé.
A lire aussi

"Que manges-tu en l'espace d'une semaine ?". Voici la question que le photographe américain Gregg Segal a posé à plusieurs enfants rencontrés aux quatre coins du monde (Allemagne, États-Unis, France, Inde, Italie, Malaisie). Le principe ? Demander à ces bambins de tenir un journal pendant une semaine, dans lequel ils ont noté tout ce qu'ils avaient mangé. À la fin de l'expérience, Gregg Segal les a pris en photo allongés autour d'aliments et de plats reconstitués, symbolisant la teneur hebdomadaire de leurs repas. Le photographe a publié sa série documentaire intitulée "Daily Bread" dans le magazine Géo.

Le choix de mettre des enfants en scène est loin d'être fortuit : "Je me concentre sur les enfants parce que les habitudes alimentaires qui se forgent quand nous sommes jeunes durent toute une vie et ouvrent souvent la voie à des problèmes de santé chroniques comme le diabète, les maladies cardiaques et le cancer du côlon", a expliqué Gregg Segal. En 2015, une étude menée par l'Université de Cambridge a dressé la liste des 10 pays du monde qui présentent les régimes les plus sains. Neuf pays africains figurent dans ce top. Les habitants du continent se nourrissent en effet principalement de fruits, de légumineuses, de noix et de céréales. "Un contraste frappant avec les États-Unis où près de 60% des calories proviennent d'aliments ultra-transformés", souligne l'auteur de "Daily Bread".

Dénoncer le règne de la malbouffe

Aujourd'hui, la planète compte 124 millions d'enfants obèses âgés de 5 à 19 ans, soit dix fois plus qu'en 1975, indique l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Un constat inquiétant, d'autant plus que la malbouffe ne s'invite pas uniquement au sein de nos cultures occidentales : elle commence également à toucher les pays en voie de développement, à l'instar de l'Inde. "Les entreprises de restauration rapide ont commencé à investir massivement dans les marchés étrangers, là où la sensibilisation du public n'est pas aussi prégnante et où le Big Mac n'est pas considéré comme de la malbouffe mais comme un symbole statutaire", explique Greg Seggal au Time.

Très attractives visuellement parlant, les photographies de Gregg Segal interpellent, mais se veulent également porteuses d'espoir puisqu'elles montrent que les pays défavorisés ne sont pas nécessairement ceux dans lesquels les enfants se nourrissent le plus mal, bien au contraire. "L'objectif le plus profond de 'Daily Bread' est d'être un catalyseur de changement et de créer un lien avec une communauté de base en pleine croissance qui fait bouger les choses", souligne Gregg Segal. Toujours en cours de réalisation, les portraits de la série Daily Bread sont dévoilés au compte-goutte sur le compte Instagram de Gregg Segal.

Artiste engagé, le photographe américain avait déjà fait parler de lui avec son projet très remarqué "7 Days of Garbage". Réalisée en 2014, cette série de clichés mettait en scène les voisins de Gregg Segal, photographiés en position allongée au beau milieu de leurs déchets ménagers. La démarche visait à montrer les conséquences néfastes sur l'environnement d'un mode de consommation excessif et à sensibiliser les Américains sur l'importance de préserver notre planète.