La présence d'un gynécologue accusé de viols à un colloque fait bondir

Accusé de viol et de violences sur des patientes, un gynécologue a été invité... à un colloque sur la santé des femmes ce mercredi 11 mai. Une nouvelle qui a suscité l'indignation.
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"Stop aux violences obstétricales et gynécologiques" : c'est ce que clame le collectif du même nom afin de protester contre la tenue imminente d'un colloque par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français ce 11 mai, événement intitulé "Paris Santé Femmes" et au sein duquel doit intervenir un gynécologue... accusé de viols sur des patientes.

Depuis septembre dernier, Emile Daraï, professeur de gynécologie et chef du centre endométriose de l'hôpital Tenon à Paris fait l'objet de nombreuses accusations de violences émanant de plusieurs patientes. Une enquête interne avait été initiée au sein de l'établissement hospitalier. L'information judiciaire pour "violences par personne chargée d'une mission de service public" concentre pas moins de 25 témoignages.

"Il est scandaleux qu'il soit intervenant et donc mis en avant par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français malgré les témoignages de violences gynécologiques émis à son encontre", a fustigé le collectif, comme le rapporte le site d'informations de Franceinfo.

"Garantir la sécurité des patientes"

Parmi les nombreux témoignages, on trouve des faits accablants d'agressions à l'encontre de patientes, notamment un toucher rectal imposé, ainsi qu'un toucher vaginal forcé. Mais également une attitude inappropriée. L'Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP-HP) aurait ainsi reçu cinq signalements ayant trait "au manque d'information autour d'examens pratiqués durant des consultations de gynécologie".

L'organisation du colloque "Paris Santé Femmes" a de fait suscité l'indignation. "Tout en respectant la présomption d'innocence, il est urgent de garantir la sécurité des patientes", a avancé le collectif StopVOG. Le Collège national des gynécologues rappelle de son côté que le professeur "n'a pas, à ce jour, été condamné par la justice française et que la présomption d'innocence est un principe fort de notre pays".

Durant le temps de son instruction, Emile Daraï, bien que démis de ses fonctions de chef du centre endométriose de l'hôpital Tenon, a pu poursuivre consultations et opérations gynécologiques.

Mise à jour du 11 mai 2022 : face à la mobilisation, le Collège national des gynécologues (CNGOF), organisateur de l'évènement, a annoncé dans un communiqué ce mardi 10 mai que le Pr Emile Daraï avait "décidé d'annuler sa participation à Pari(s) Santé Femme (PSF)".