Nora Hamzawi a réjoui son public en délivrant quelques tacles envers son collègue humoriste... Ary Abitan. Le comédien accusé de viols l'avait précédé sur la même scène, ce qui ne fut pas sans conséquences. Olfactives. C'est l'actrice qui détaille tout sur la séquence à retrouver en bas de cet article, très relayée.
On vous explique. En fait, la comédienne a joué dans une célèbre salle de spectacle où est apparu et a performé Ary Abittan précédemment. Ce qui avait engendré une protestation/happening de militantes féministes, lesquelles sont venues balancer des boules puantes sur scène afin de protester contre l'impunité des hommes accusés de violences. D'où l'odeur très forte que décrit à un public hilare, sur les images à retrouver ci-dessous, l'artiste.
Et cela n'étonnera personne. Par-delà les nombreuses mobilisations engendrées par le retour au micro du comédien accusé de viols (se mobiliser au devant des théâtres qui le programment par exemple), on connaît largement l'engagement de Nora Hamzawi.
Après avoir joué dans le dernier film en date de Jacques Doillon, et après avoir appris, un an plus tard, les accusations de violences sexuelles émises par Judith Godrèche à l'encontre du cinéaste, elle avait tout simplement refusé d'en faire la promotion. Un geste fort. Telles les odeurs que la jeune femme met en mots dans cette séquence.
L'humoriste ne s'arrête pas là. Et poursuit sur le même ton.
Nora Hamzawi a souhaité saluer l'engagement des militantes féministes, là où d'aucuns crient à la cancel culture. Et tirer des traits d'humour sur cette protestation post-#MeToo en complimentant lesdites activistes, qui ne se sont pas loupées niveau boules puantes il faut croire.
"Ne pas séparer l’homme de l’artiste de l’odeur du caca dans ma salle. Merci au public qui est là malgré tout + force aux manifestantes et manifestants ! je peux vous garantir que vous ne vous êtes pas loupés sur le matos", a joliment taclé l'humoriste, comme une révérence aux militantes féministes venues "faire le taf" la veille. Dans son discours, elle prend ouvertement position en faveur des manifestations organisées à l'encontre d'Ary Abittan. C'est rare comme geste artistique et politique.
En 2022, l'humoriste Ary Abittan était accusé de violences sexuelles par plusieurs femmes, puis placé en garde à vue.
Le 2 novembre 2021, le comédien était effectivement mis en examen pour viol, puis placé sous contrôle judiciaire, après une garde à vue de 48 heures, accusé d'avoir agressé sexuellement une jeune femme de 23 ans, avec qui il entretenait une relation depuis quelques mois. Des témoignages ont également été recueillis émanant d'autres femmes. Evoquant une attitude violente et ambivalente.
Trois plus tard, cette affaire se concluait par un non-lieu. Pour rappel, seuls 14 % des suspects "impliqués dans des affaires de violences sexuelles" sont jugés et 13 % des suspects jugés sont reconnus coupables.
En janvier 2025, le comédien déclarait sur le plateau de C à vous, face à "Babeth" Lemoine : "Mon histoire, c’est que j’ai été accusé à tort et que j’ai été innocenté trois fois. Sept magistrats ont déclaré que j’étais innocent... Je respecte leur combat aux féministes sur les manifestations parce que c'est très important, la libération de la parole de la femme"
En 2022, on apprenait que 80% des plaintes pour violences conjugales sont classées sans suite. "En France, 73 % des affaires de violences sexuelles sont classées au stade de l'enquête préliminaire du Parquet. Souvent, porter plainte est le début d'un processus, pour la justice, mais c'est aussi la fin d'une longue réflexion, d'une hésitation, qui a été difficile", nous explique à l'unisson Marine Turchi (Médiapart) dans son livre d'investigation "Faute de preuves"