Le Covid impacte (aussi) les prénoms des bébés

Le Covid impacte (aussi) les prénoms des bébés
Le Covid impacte (aussi) les prénoms des bébés
Entre inspirations mythologiques, significations positives et héritage familial, les prénoms des bébés nés à l'ère du Covid n'ont rien d'anodin. Beaucoup d'ailleurs incarnent l'espoir d'un monde meilleur.
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Le coronavirus a bouleversé nos vies, jusqu'au choix du prénom de nos enfants. Exit les inventions originales et les choix trop classiques peu emprunts de sens, en 2020 et 2021, on baptise nos bébés comme des dieux et déesses mythologiques, avec des sonorités pleines d'espoir et d'optimisme, ou en perpétuant une tradition familiale qui trahit le manque qu'on ressent à l'idée de ne pas pouvoir serrer nos proches dans nos bras.

C'est en tout cas ce que révèlent plusieurs sites leaders dans le domaine au New York Times. L'Américain Nameberry a par ailleurs observé une hausse significative de la fréquentation de sa plateforme pendant la pandémie. Il y a eu environ 4 millions de pages vues de plus pendant les neuf mois qui ont suivi mars dernier, par rapport aux neuf mois qui l'ont précédé, rapporte sa PDG Pamela Redmond. Et côté sélection des noms aussi, le changement est remarquable.

"Les gens veulent insuffler de la force à leurs enfants"

La dirigeante a constaté que les noms dérivés de "significations positives" - comme la lumière et le bonheur - ont "une tendance à la hausse depuis le début de la pandémie", déclare-t-elle. "Les parents sont attirés par ces [options] en ce moment, reflétant l'optimisme qu'un nouveau bébé apporte à votre vie, même lorsque les temps sont sombres".

Elle donne quelques exemples flagrants : sont ainsi particulièrement considérés Zora (d'origine serbo-croate, qui signifie "aube" et suggère un nouveau départ), avec une hausse d'intérêt de 40 %, Alma ("âme" en espagnol) avec une hausse de 37 %, Lucius ("lumière" en latin), 24 %, ou encore Vivienne (du latin Vivus, qui signifie "vivant" ou "vif"), Aurora (déesse romaine du lever du soleil), Felix ("heureux"), Frida ("pacifique") et Zuri ("bon" en swahili). De quoi nous inspirer au passage.

"Les gens veulent insuffler de la force à leurs enfants, parce que nous nous sentons tous effrayés et impuissants en ce moment face à ce virus que nous ne pouvons pas contrôler", analyse à son tour Jennifer Moss, fondatrice de BabyNames.com, auprès du quotidien. "Comment mieux armer votre enfant pour l'avenir incertain que de lui donner le nom d'un dieu ou d'une déesse qui a le pouvoir sur l'univers ?" Idem pour les prénoms bibliques, qui semblent avoir la cote plus que jamais. "Pour se réconforter dans les moments difficiles, les gens se tournent vers la foi", avance la cheffe d'entreprise.

Et les liens avec leur famille aussi. Au Royaume-Uni, si piocher l'un des noms des aïeux a longtemps été un réflexe, de plus en plus de jeunes parents appellent leur nouveau-né comme leur soeur, leur frère, leur mère, leur père.

Du côté du bas du tableau, on retrouve également quelques non-choix révélateurs. Donald a ainsi quasi disparu du radar, la faute au mauvais perdant le plus médiatisé de l'année, tout comme ce qui ressemble de près ou de loin à la source de nos tracas actuels. Le prénom anglophone Cove, trop proche de "Covid", est donc boudé, comme Corona, qui se traduit par "couronne" en espagnol, pour des raisons évidentes.

Certains, au contraire, ont décidé de soigner le mal par le mal. Un couple indien a ainsi accueilli des jumeaux en avril 2020, et décidé de les nommer Covid et Corona. On dit que tous les goûts sont dans la nature, et c'en est certainement la preuve.