Un homme trans, un couple gay... Les modèles LGBTQ de la pub Gillette répondent aux attaques

Les publicités Gillette mettent en lumière la diversité masculine.
Les publicités Gillette mettent en lumière la diversité masculine.
Dans sa dernière campagne jubilatoire, la marque de rasoirs Gillette France met en avant des jeunes personnalités LGBTQ, au grand dam des voix les plus réacs.
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C'est une campagne qui fait jaser. Le 19 novembre dernier, Gillette France s'est de nouveau plu à redéfinir la masculinité. L'espace d'affiches et de spots dépourvus de toute masculinité toxique, la marque de rasoirs a notamment mis en lumière des jeunes personnes LGBTQ. Une visibilité salutaire au service d'une certaine "perfection au masculin". Mais l'initiative n'a pas plu à tout le monde.

"Ces affiches transpirent tellement la faiblesse", "On va muter vers Wilkinson hein", "Gillette 2020, la fragilité au masculin", "Bon et bien il me semble que je ne suis plus la cible de vos produits. J'en prends bonne note pour mes courses", "Bordel, mais où sont les pubs pour Hommes d'avant où t'avais un mâle Alpha qui se rasait, au moins ça vendait un peu de rêve", assènent ainsi certaines des réactions les plus virulentes sur Twitter. Mais peu importe la haine, Gillette persiste et signe : "La perfection au masculin se conjugue au pluriel".

Affiché au fil de la campagne en compagnie de son petit ami, le jeune vidéaste pansexuel Simon Vendeme déplore ces réactions. "Pour la première fois une pub Gillette avec un couple LGBTQ+ voit le jour sur les réseaux sociaux et est affichée dans des dizaines de stations de métro à Paris ! Les réactions homophobes et machos fusent, car beaucoup de personnes continuent de considérer bêtement que les gays ne sont pas de vrais hommes à part entière", s'attriste-t-il dans un communiqué partagé sur ses réseaux sociaux.

Et le YouTubeur vingtenaire de décocher une jubilatoire assertion : "Plus besoin d'être viril pour être viril". Voilà qui est dit, et bien dit. Mais comme le démontrent les réactions homophobes et transphobes suscitées par la campagne française de Gillette, l'évolution des mentalités, ce n'est malheureusement pas pour aujourd'hui.

Le masculin au pluriel

"Pour commencer, qu'est-ce qu'un vrai homme ?", s'interroge encore Simon Vendeme à l'adresse de ses followers. Avant de poursuivre : "Il y a tellement de façons d'être masculin. Il n'y a pas qu'un type de masculinité prédéfinie et cette pub le souligne aujourd'hui, n'en déplaisent aux personnes qui baignent encore dans la masculinité toxique. La perfection au masculin ça peut aussi être nous, les personnes LGBTQ+ et queer", écrit-il enfin.

C'est justement là le discours progressiste de Gillette, qui met l'accent sur un besoin nécessaire d'inclusivité. Quoi de plus normal en 2020 ? "La masculinité se redéfinit aujourd'hui à sa juste valeur. Les choses changent et je continuerai à me battre pour notre belle communauté. Chaque être humain mérite de rayonner pour qui il est, et peu importe qui il est", assure le YouTubeur.

"Je suis vraiment content d'avoir participé à cette campagne, c'est un progrès énorme pour la représentation des hommes trans dans les médias et j'en suis très fier", se réjouit de son côté le jeune homme transgenre Lois, autre tête d'affiche de cette campagne, abordant sa transition le temps d'une vidéo introspective, un discours réellement émancipateur à l'appui : "On est qui on est, on a pas besoin de validation". CQFD ?