#StopAsianHate : les témoignages glaçants des victimes du racisme anti-asiatique

A New York, des personnes de la communauté asiatique font la queue pour obtenir des dons de nourriture.
A New York, des personnes de la communauté asiatique font la queue pour obtenir des dons de nourriture.
Aux Etats-Unis, le hashtag #StopAsianHate dénonce le racisme anti-asiatique et les crimes qui visent les membres de la communauté, en hausse depuis 2020. Des récits glaçants, et une mobilisation qui prend une nouvelle ampleur de ce côté de l'Atlantique.
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"Nous avons besoin de votre aide pour parler, amplifier notre message et mettre un terme à la rhétorique anti-asiatique qui divise". Ces mots sont ceux de Michelle Lee, rédactrice en cheffe asio-américaine du magazine Allure. Dans une vidéo publiée sur son compte Instagram le 16 février, elle dénonce les injures racistes dont elle a été victime et témoin, et les agressions anti-asiatiques qui grimpent depuis 2020, soit le début de l'épidémie de coronavirus aux Etats-Unis (la police new-yorkaise a notamment constaté une augmentation de ces actes de 1 900 % l'année dernière).

Elle dresse un triste bilan : "Au cours des six dernières semaines, Vicha Ratanapakdee, 84 ans, a été tué à San Francisco, un homme de 91 ans a été jeté au sol dans le quartier de Chinatown à Oakland, un Philippin a été tailladé dans le métro de New York, et la liste continue. L'histoire qui me hante encore s'est produite en mars dernier, lorsqu'un Texan a poignardé une famille (dont un enfant de deux ans) parce qu'il pensait qu'ils étaient chinois et qu'ils infectaient des gens avec le coronavirus."

En légende, Michelle Lee inscrit le hashtag #StopAsianHate. Un mot-clé qui a pris une ampleur considérable aux Etats-Unis - d'aucuns le comparant au mouvement #BlackLivesMatter, et qui connaît aujourd'hui un retentissement certain en France. Car depuis quelques jours, de nombreux·ses internautes s'en emparent pour livrer les expériences haineuses qu'ils·elles ont subies, parfois dès le plus jeune âge.

"Un gars m'a pointée du doigt en criant 'coronavirus'"

"J'étais à l'arrêt de bus et un gars m'a pointée du doigt en criant 'coronavirus' et le pire, c'est que tout le monde a commencé à reculer, j'étais choquée, j'suis rentrée chez moi, j'ai chialé", confie une jeune femme.

"Travailler dans un restau chinois, c'est entendre des 'ching chong' 'y'a pas de chiens sur la carte ?' 'ah elle a pas d'accent celle-là' 'vous vous ressemblez tous de toutes façons' et tout ça de la part de gens qui se croient drôles", écrit une autre.

"Je faisais un barbecue en famille l'été, j'avais je crois 8 ans, un gars a débarqué vers nous avec une bouteille remplie d'urine , il nous l'a balancée dessus en nous disant : 'bande de bouffeurs de chien, retournez dans votre sale pays de merde'".

Parmi ces récits, certain·e·s déplorent une banalisation crasse et appellent à la mobilisation de la population pour condamner une situation qui n'a que trop duré.

En octobre dernier, Libération dévoilait une série de témoignages de Français·e·s d'origine asiatique qui rapportaient agressions verbales et physiques racistes à la veille du deuxième confinement. Des attaques motivées par la haine et un amalgame destructeur entre l'épidémie de Covid-19 dont les premiers cas ont été découverts à Wuhan, en Chine, et la communauté asiatique. En janvier 2020, le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus alertait déjà sur ce fléau.

"Comme si le Covid ne suffisait pas, la sinophobie s'intensifie avec ce que le régime chinois fait subir aux Ouïghours. Or ni la population chinoise ni les autres Asiatiques ne sont responsables de ces atrocités", lançait dans les colonnes du quotidien Caroline Tran, 27 ans. Aujourd'hui, il est plus que temps que cette discrimination et ces violences soient clairement nommées, et éradiquées.