Réforme des rythmes scolaires : pourquoi elle est mal engagée
Publié le 20 février 2013 à 18:39
Par Ide Parenty
Après l'annonce mardi du sénateur-maire PS de Lyon, Gérard Collomb d'« attendre 2014 » pour appliquer les nouveaux rythmes scolaires dans le primaire, les animateurs des centres de loisirs parisiens étaient en grève ce mercredi. Le ministre, Vincent Peillon, a lui assuré qu'il n'y aurait pas de passage en force de la réforme.
Réforme des rythmes scolaires : pourquoi elle est mal engagée Réforme des rythmes scolaires : pourquoi elle est mal engagée© Abaca
La suite après la publicité


La réforme sur les rythmes scolaires ne convainc pas. Alors que les maires ont jusqu’au 31 mars pour se décider sur la mise en place de la semaine de quatre jours et demi dans les écoles primaires de leur ville en 2013 ou en 2014, beaucoup hésitent encore. Pour les convaincre et lever leurs inquiétudes, le ministre de l'Education nationale a entamé une tournée dans toute la France depuis une semaine. Mais l’annonce mardi du sénateur-maire PS de Lyon Gérard Collomb d'« attendre 2014 » est un nouveau revers pour Vincent Peillon. Et près de 60% des villes ne se sont pas prononcées, Paris en tête. Le maire de Paris Bertrand Delanoë a redit lundi qu'il mettrait en œuvre la réforme dès 2013 s'il « sent(ait) » que cela était possible. La mairie de Lille, Martine Aubry, souhaite, elle, prendre « le temps de la réflexion ». Marseille, c’est sûr, attendra 2014, et la maire de Montpellier, Hélène Mandroux, a annoncé mercredi qu’elle « s’orientait » aussi vers cette décision. À noter que, selon l'Association des maires des grandes villes de France, la réforme pourrait représenter, pour les collectivités locales, un coût de près de 600 millions d'euros.

Les animateurs en grève

Et les mouvements de contestation massifs s'enchaînent pour le ministre de l’Education. Après deux jours de de grève dans les écoles, les centres de loisirs parisiens étaient fermés mercredi pour faire entendre la voix des animateurs, eux aussi sont concernés par la réforme. Avec la semaine de quatre jours et demi, l’amplitude horaire des temps périscolaires pendant lesquels ils ont la responsabilité des écoliers doit augmenter de trois-quarts d’heure par jour. « Que ce soit clair, nous ne nous opposons pas à la mise en œuvre de cette réforme à Paris. La question de la date - 2013 ou 2014 - dépend de l’académie et du maire. Ce que nous voulons c’est qu’un "schéma directeur" de l’organisation de la journée et de la semaine scolaires soit défini le plus rapidement possible », expliquait Jean-Pierre Lubek, secrétaire de l’UNSA-Animation au Monde.fr.

Les Français doutent

Quant aux Français, interrogés dans un sondage réalisé pour le Snuipp-FSU par Harris Interactive, ils sont 45% à estimer que leur commune ne dispose pas de suffisamment d'infrastructures pour accueillir les élèves dans le cadre des activités périscolaires qui seront mises en place. 57% d'entre eux estiment qu’elle ne dispose pas de suffisamment de personnel qualifié pour organiser les activités et encadrer les élèves. De plus en plus isolé sur cette question, le ministre de l'Éducation a réaffirmé sur France info mercredi son souhait de voir « le maximum » d'élèves bénéficier de la réforme des rythmes scolaires dès la rentrée prochaine, mais assuré qu’il ne fallait jamais « passer en force ».

VOIR AUSSI

Réforme des rythmes scolaires : "Des conséquences surprenantes sur la vie de la cité"
Réforme des rythmes scolaires : pourquoi parents et profs grincent des dents
Comprendre la réforme des rythmes scolaires en 3 questions
Rythmes scolaires : la semaine de 4,5 jours va coûter cher au contribuable

Mots clés
Société education france
Sur le même thème
Pourquoi on attend à ce point le prochain roman d'Edouard Louis play_circle
Culture
Pourquoi on attend à ce point le prochain roman d'Edouard Louis
2 avril 2024
Mais pourquoi Miss Japon est-elle au coeur de vives polémiques ? play_circle
Société
Mais pourquoi Miss Japon est-elle au coeur de vives polémiques ?
26 janvier 2024
Les articles similaires
Violences conjugales : pourquoi "l'affaire Kendji" est bien plus qu'un fait divers "people" play_circle
Société
Violences conjugales : pourquoi "l'affaire Kendji" est bien plus qu'un fait divers "people"
26 avril 2024
"Beurette" : un terme abject employé, au calme, pour désigner Rachida Dati play_circle
Société
"Beurette" : un terme abject employé, au calme, pour désigner Rachida Dati
8 février 2024
Dernières actualités
"J'ai fait une fausse couche" : Eve Angeli brise un tabou et se confie sur "le choc" de sa vie
Santé
"J'ai fait une fausse couche" : Eve Angeli brise un tabou et se confie sur "le choc" de sa vie
10 juillet 2024
Et si Sandrine Rousseau était la future présidente de l'Assemblée Nationale ? play_circle
Société
Et si Sandrine Rousseau était la future présidente de l'Assemblée Nationale ?
9 juillet 2024
Dernières news