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Fight Club, Christopher Nolan : nos films préférés sont-ils forcément des "films de mecs" ? Et pourquoi c'est problématique ?
Publié le 12 février 2026 à 19:00
Les films de mecs, et de leurs egos disproportionnés, sont partout : Fight Club, The Social Network, le cinéma de Christopher Nolan, celui de Quentin Tarantino... C'est ce qu'analyse ce créateur de contenus dans une analyse qui a beaucoup fait réagir.
Fight Club, Christopher Nolan : nos films préférés sont-ils forcément des "films de mecs" ? Et pourquoi c'est problématique ?
Fight Club, Christopher Nolan : nos films préférés sont-ils forcément des "films de mecs" ? Et pourquoi c'est problématique ? Les films de mecs, et de leurs egos disproportionnés, sont partout : Fight Club, The Social Network, le cinéma de Christopher Nolan, celui de Quentin Tarantino... C'est ce qu'analyse ce créateur de contenus dans une analyse qui a beaucoup fait réagir. Harvey Keitel - Photocall de la soirée d'ouverture du Festival du film classique TCM avec la projection du film "Pulp Fiction". Le 18 avril 2024 "On n’en peut plus des FILMS DE MECS : quand l’histoire ne tourne qu’autour des hommes et de leurs égos, on ne laisse la place à aucune humanité…", fustige dans la vidéo à retrouver ci-contre le vidéaste Théo Bavarde, qui prend plaisir à chacune de ses vidéos et créations à épingler les codes et clichés de la pop culture. Ici, il s'interroge : la masculinité domine-t-elle la pop culture ? "On n’en peut plus des FILMS DE MECS : quand l’histoire ne tourne qu’autour des hommes et de leurs égos, on ne laisse la place à aucune humanité…", fustige dans la vidéo à retrouver ci-contre le vidéaste Théo Bavarde, qui prend plaisir à chacune de ses vidéos et créations à épingler les codes et clichés de la pop culture. Ici, il s'interroge : la masculinité domine-t-elle la pop culture ?

Les films de mecs, et de leurs egos disproportionnés, sont partout : Fight Club, The Social Network, le cinéma de Christopher Nolan, celui de Quentin Tarantino... 

Beaucoup d'œuvres considérées comme cultes voire capitales, où la parole masculine est hégémonique, centrale, même lorsqu'elle est contestée, forcément nuancée. Il n'empêche : dans notre dvd-thèque, ça déborde d'hommes, de personnages masculins voire virils, virilistes, machos ou mascus. Et pas besoin de valoriser à tout prix le matrimoine pour s'en rendre compte. La culture des amoureux du cinéma se forge très jeune sur des visages masculins et plus encore, des films dits "de mecs", de bande de mecs, voire à l'inverse d'hommes solitaires forcément incompris et esseulés. Le regard de cette culture cinéma là est éminemment masculin. 

C'est ce qu'analyse ce créateur de contenus dans une vidéo qui a beaucoup fait réagir.

"On n’en peut plus des FILMS DE MECS : quand l’histoire ne tourne qu’autour des hommes et de leurs égos, on ne laisse la place à aucune humanité et/ou aux femmes…", fustige dans la vidéo à retrouver ci-contre le vidéaste Théo Bavarde, qui prend plaisir à chacune de ses vidéos et créations à épingler les codes et clichés de la pop culture. Ici, il s'interroge : la masculinité domine-t-elle la pop culture ? La parole masculine plus encore silencie-t-elle toutes les autres, sonore même dans des films qui justement l'étrillent ?

Malgré l'abondance de personnages féminins iconiques, cruciaux, inspirants et badass - dont beaucoup, certes, ont été écrits par des hommes ? Malgré la visibilité de grandes cinéastes et le succès mondial de certaines d'entre elles - comme Greta Gerwig ? Malgré la plus forte résonnance de concepts critiques comme celui de female gaze, initié par Laura Mulvey, réhabilité en France par la journaliste Iris Brey ? 

Malgré les prises de conscience plus fortes post-#MeToo, le masculin l'emporte-t-il toujours ? 

En tout cas, observe ce vidéaste dans son analyse qui a engendré des quantités de commentaires - beaucoup allant dans son sens - la sensibilité masculine domine largement quantité de films considérées comme incontournables. Que l'on pense aux Parrain(s) comme aux Martin Scorsese les plus reconnus, à la filmographie de Quentin Tarantino (malgré le teneur iconique de personnages féminins, de Mia Wallace à Jackie Brown) à celle de Christopher Nolan - le très controversé vidéaste Regelegorila constatait d'ailleurs tout récemment que Interstellar, oeuvre vénérée, l'est beaucoup par des hommes, bien plus que par des femmes, une prise de parole qui avait suscité une vive controverse.

Théo Bavarde : "Là je parle de films où la sensibilité masculine est au-dessus de tout, où les femmes font parfois office simplement de satellites gravitant autour d'eux. Quand elles ne sont pas complètement inexistantes en vérité. Ce sont des points de vue de mecs qui priment et d'ailleurs les mecs en question ne s'accordent qu'à leur propre point de vue, la seule chose qui compte à leurs yeux", énonce en détails l'orateur.

Qui ne s'arrête pas là. Et détaille encore sa réflexion plus qu'intéressante.

"Les films de Tarantino et Scorsese j'en ai marre, j'en ai ma claque" : Théo Bavarde décortique le regard masculin, hégémonique dans les films, et nous incite à l'interroger en retour

Théo Bavarde décortique le regard masculin, hégémonique dans les films, jusqu'à nos films cultes, et nous incite à l'interroger en retour. Des films de mecs, vraiment ? En vérité, l'analyse et plus fine que cela. Il s'agit simplement d'un appel à regarder ailleurs : vers d'autres cinémas, vers d'autres sensibilités, au devant d'expériences différentes. Et plus inclusives, subtiles. 

"Plus ça va plus j'ai du mal avec ces films qui se ressemblent tous et procurent les mêmes émotions, mettent tous en scènes des egos masculins. Plus tu regardes des cinémas différents comme ceux de Bresson et de Rohmer, loin du cinéma américain, plus tu découvres, à travers le cinéma européen, le cinéma français, d'auteur, des émotions plus réelles, plus vraies, pas juste des films avec des mecs tout le temps

On pourrait l(entendre volontiers : bien des films triomphent au sein de la critique, des académies, du public, des plateformes de notations, de la pop culture, en célébrant le regard masculin, des films de mafieux d'hier à Oppenheimer. Cela ne va pas dire, attention, que les cinéastes derrière magnifient leurs personnages, vouent une ode à leurs protagonistes, forcément imparfaits voire discutables si ce n'est indéfendables. 

Mais n'empêche : leur point de vue s'élève au-dessus du tout. Le point de vue de cinéastes masculins s'accordant, qu'ils le veuillent ou non, à leurs personnages masculins - des hommes parlent d'hommes à des hommes. Alors qu'à l'opposé, soucions-nous des portraits de femmes d'Eric Rohmer, notamment, qui épousent en subtilité ceux de Jane Campion, malgré la divergence de leur sensibilité. Pour ne pas citer d'autres auteurs et autrices encore, de Kelly Reichardt à Aki Kaurismaki, de Rebecca Zlotowski à Mia Hansen-Love, en passant par Christophe Honoré, Mickael Hers, Emmanuel Mouret, Christian Petzoldt.

Sans oublier toutes ces femmes cinéastes qui font le cinéma d'hier et de demain. 

On pense notamment à une grande claque vécue l'an dernier : le Sorry, Baby, d'Eva Victor, salué ni plus ni moins que par la grande Julia Roberts, qui en pleine cérémonie des Golden Globes a félicité sa jeune et débutante cinéaste/actrice. Mais les regards féminins se multiplient alors que même les superstars hollywoodiennes passent à la réalisation : Kristen Stewart avec le film choc The Chronology of Water, Scarlett Johansson avec l'étonnant mélo Eleonor The Great. "J’en peux plus de ces films de couilles avec forcément la violence qui va avec et la concupiscence machiste", fustige en ce sens une internaute en réaction à cette vidéo d'analyse très critique. 

A l'unisson, d'autres s'exclament : "En tant que nana, on a aussi grandi avec ce cinéma. Et le moindre petit personnage féminin un temps soit peu badass devenait notre idole ! Non pas parce qu'elle était vraiment géniale et donnait envie de s'y identifier, mais simplement parce qu'il n'y avait rien d'autre a se mettre sous la dent. Je parle de Sarah Connor, Beatriz, Nikita, Mathilda..... Alors que ce ne sont que des meuf objectivée pour le regard masculin, sexualisée à mort pour la plupart. Mais au final, pas le choix, on avait que ça. Et pareillement pour l'univers des jeux vidéos.". 

Ou encore : "Ca me fait penser à un discours de Reese Witherspoon qui disait que dans de nombreux films, le personnage féminin (qui n'a souvent qu'une petite place) dit : what we do now? Comme si une femme n'avait pas la moindre idée de ce qu'il était possible de faire dans une situation X ou Y. Ca montre bien que ces persos sont écrits par des hommes qui nous connaissent mal et qui se placent en héros aux egos disproportionnés. Et vous verrez, Reese a raison, on l'entend dans énormément de films cette phrase.", "Merci ! j’ai réalisé ça à la sortie de Barbie. Les réactions très négatives de certains mecs sur la façon donc était dépeints les hommes à travers Ken m’a vraiment fait sourire. Je me suis dit mais attendez vous avez TELLEMENT de films pour vous conforter ? Tellement de films où la femme est inexistante. Allez voir un Scorsese un Coppola un De Palma ou même un Nolan ! Je note les cinéastes que tu as cité merci beaucoup pour cette vidéo", lit-on au gré des réactions toujours très éclairantes. 

Qui ne devraient pas plaire à tout le monde néanmoins. Tant mieux, est-on tentés d'ajouter en guise de conclusion.

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
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