Sharon Stone a osé cet autoportrait énamouré : en nuisette, façon selfie, à bientôt 70 ans, l'actrice iconique pose dans sa chambre d'hôtel sur les images à retrouver ci-contre et excuse ses très nombreux followers pour le "jet lag" qu'elle subit - et la fatigue qu'elle pourrait laisser apparaître. Suscitant par-là même les indénombrables hourras de ses fans, applaudissant son audace.
La superstar de Basic instinct célèbre sa beauté et sa sensualité le temps de cet instantané "no filter" (sans filtre), sans retouches ni Photoshop, comme pour faire entendre la voix des comédiennes de plus de soixante ans, alors que la société invisibilise et discrimine les femmes, et actrices, seniors. C'est donc un geste à la fois intime et politique. Comme l'est toute la carrière de l'interprète, à sa manière, même ses moins bons films.
Sharon Stone plus sexy que jamais à 67 ans : c'est de cette façon que l'on vous présentait les spectaculaires photos du Harpers Bazaar, impressionnantes représentations en noir et blanc de Sharon Stone, égérie fashion, actrice toujours trop mésestimée, bien qu'Oscarisée, icône chez Paul Verhoeven et Martin Scorsese, et encore de nos jours, emblème mode, d'élégance, d'audace.
Sur ces photos, elle posait seins nus.
Et cela faisait rager les âgistes - les sexistes "anti vieilles" qui confèrent aux femmes une date de péremption, les excluant du "marché de la bonne meuf" (selon Virginie Despentes) - hommes qui pensent qu'une femme de plus de soixante ans ne peut plus avoir de sexualité, ni de sensualité.
Sharon Stone fait de sa sensualité un geste militant. Sur ces images sans filtre, elle se dévoile au naturel, spontanée, sans retouches, intégrale. Elle, trop "âgée", suggèrent les machos, pour être "sexy" ? Pour être une égérie ?
C'est très mal connaître Sharon Stone.
"Sharon Stone fait de son corps une œuvre d'art dans ces clichés hyper glamour et très Hollywood d'antan. On l'y voit à la fois de profil, complètement nue, et les jambes croisées, sur un fauteuil, en bas résilles. Ce sont autant d'hommages évidents à Basic Instinct, dont elle semble ici reproduire en partie les poses. C'est aussi une manière pour Stone d'assumer sa sensualité et son corps à l'aube de ses 70 ans. Un message empouvoirant qu'elle revendique volontiers.", avait-on écrit en guise d'éloges et d'analyse sur Terrafemina.
Son corps, ses choix. Il faut croire que Stone énonce ses desseins actuels à l'unisson des derniers élans féministes. Qui font justement de la sexualité des femmes, du regard que la société leur porte, des jugements des hommes, et du corps féminins, des symboles éminemment politiques. Militants.
On en pense pas moins face à ce selfie en nuisette où Sharon Stone se dévoile intime, voire intimiste, sans fards, entière, nue à sa façon, exempte de tout artifice, makeup ou filtre superflu. Sharon Stone semble émancipée de sa lourde réputation, et image, de sex symbol ultime des années 90, sexualisée très tôt, en tant que mannequin. Aujourd'hui, elle aime à s'envisager comme une femme libre, possédant son image, se la réappropriant, après avoir été abondamment hypersexualisée par les hommes - cinéastes comme spectateurs.
Qui se sont appropriés son corps plus qu'il n'en faut. A l'heure des conséquences du mouvement #MeToo sur les mentalités, Sharon Stone défend sa fierté d'être encore debout, à Hollywood, de ses chambres d'hôtel à ses plateaux de tournage.