Société
"Il se la tape !", “c’est son mec” : l'avocate de Cédric Jubilar dénonce les réflexions misogynes qu’elle subit, et que subissent toutes ses consœurs
Publié le 18 février 2026 à 10:53
Emmanuelle Franck est une spécialiste des cas indéfendables. Celle qui fut la voix de la défense de Cédric Jubilar, accusé d’avoir tué son ex épouse, Delphine, dénonce la misogynie dont elle a été victime sur les réseaux sociaux : “Il est amoureux d’elle”, “Il se l’est tapée”... Et autres démonstrations de sexisme.
"Il se la tape !", “c’est son mec” : l'avocate de Cédric Jubilar dénonce les réflexions misogynes qu’elle subit
"Il se la tape !", “c’est son mec” : l'avocate de Cédric Jubilar dénonce les réflexions misogynes qu’elle subit A Society, elle épingle la quantité de commentaires nauséeux dont elle est victime depuis des lustres. Commentaires sexistes voire carrément misogynes. Les internautes s’en donnent vraisemblablement à cœur joie pour insulter la professionnelle. Confondant probablement leur haine de l’accusé en haine de sa défense, ou tout simplement, cherchant une bonne excuse pour insulter une femme. Slut shaming, insultes sexistes, réflexions à caractère sexuel, calomnies, tout y passe. L’avocate s’exprime. Emmanuelle Franck est une spécialiste des cas indéfendables. Celle qui fut la voix de la défense de Cédric Jubilar, accusé d’avoir tué son ex épouse, Delphine, dénonce la misogynie dont elle a été victime sur les réseaux sociaux : “Il est amoureux d’elle”, “Il se l’est tapée”... Et autres démonstrations de sexisme. Emmanuelle Franck dénonce dans Society un phénomène qui touche toutes ses consœurs de profession. Voyez plutôt : “Dans l’inconscient populaire, collectif, une avocate, c’est Eric Dupont-Moretti, pas une femme d’un mètre soixante et de cinquante kilos !”. Très tôt, dit-elle, elle a tout connu : les réflexions basses du front des confrères, certaines humiliations, des qualificatifs comme “stagiaire” alors que l'avocate était déjà au fait de sa profession, jusqu’à sa défense de Cédric Jubilar, qui lui vaut des réflexions scabreuses et bien nauséeuses. Exemples ? Elle raconte : “J’ai pu lire sur les réseaux sociaux, et ma fille aussi : A tous les coups, il se la tape, Je l’ai vu se pencher sur elle et lui dire : Je t'aime…”. Une certaine conception du sexisme ordinaire. En voyant une jeune avocate défendre un auteur de féminicides, une frange sexiste du public voit forcément entre les deux des desseins amoureux ou une relation sexuelle. Surtout, lui assigne d'emblée une forme d'hyper sexualisation, et cela vient délégitimer immédiatement ses compétences. Tout un programme.

Emmanuelle Franck est une spécialiste des cas indéfendables. 

En tant qu’avocate, elle se fait la voix des “clients” les plus “sulfureux” - l’euphémisme est doux. Celle qui fut la voix de la défense de Cédric Jubilar, accusé d’avoir tué son ex épouse, Delphine, dénonce la misogynie dont elle a été victime sur les réseaux sociaux : “Il est amoureux d’elle”, “Il se l’est tapée”... Et autres démonstrations de sexisme.

Emmanuelle Franck est de celles qui croient encore en la justice traditionnelle. Celle qui repose davantage dans les livres de loi, et dans les exemples historiques de plaidoyer, que sur les réseaux sociaux, et dans les posts Instagram. Ainsi, elle se fait la défense des cas les plus indéfendables. Comme Cédric Jubilar, accusé de féminicide, et plus précisément, d’avoir tué son ex épouse, Delphine. Une affaire  qui dépasse de loin le fait divers dans une société où les féminicides constituent un fléau. 

Mais l’avocate, elle, croit en son intime conviction : celle de “la peine la plus juste”, dit-elle dans un long portrait que lui dédie Society.

Et à Society toujours, elle épingle la quantité de commentaires nauséeux dont elle est victime depuis des lustres. Commentaires sexistes voire carrément misogynes. Les internautes s’en donnent vraisemblablement à cœur joie pour insulter la professionnelle. Confondant probablement leur haine de l’accusé en haine de sa défense, ou tout simplement, cherchant une bonne excuse pour insulter une femme. Slut shaming, insultes sexistes, réflexions à caractère sexuel, calomnies, tout y passe. L’avocate s’exprime.

“Il se l’est tapée”, “Elle lui a dit Je t’aime” : l’avocate de Cédric Jubilar insultée sur les réseaux sociaux, elle dénonce

Emmanuelle Franck dénonce dans Society un phénomène qui touche toutes ses consœurs de profession. Voyez plutôt : “Dans l’inconscient populaire, collectif, une avocate, c’est Eric Dupont-Moretti, pas une femme d’un mètre soixante et de cinquante kilos !”. Très tôt, dit-elle, elle a tout connu : les réflexions basses du front des confrères, certaines humiliations, des qualificatifs comme “stagiaire” alors que l'avocate était déjà au fait de sa profession, jusqu’à sa défense de Cédric Jubilar, qui lui vaut des réflexions scabreuses et bien nauséeuses.

Exemples ? Elle raconte : “J’ai pu lire sur les réseaux sociaux, et ma fille aussi : A tous les coups, il se la tape, Je l’ai vu se pencher sur elle et lui dire : Je t'aime…”. Une certaine conception du sexisme ordinaire. En voyant une jeune avocate défendre un auteur de féminicides, une frange sexiste du public voit forcément entre les deux des desseins amoureux ou une relation sexuelle. Surtout, lui assigne d'emblée une forme d'hyper sexualisation, et cela vient délégitimer immédiatement ses compétences. Tout un programme.

L'avocate quant à elle met un point d’honneur à rester droite, dans ses certitudes et sa vision d’une profession très ingrate : “Mes confrères ne reçoivent pas ce genre de remarques, c’est uniquement réservé aux femmes avocates, de même que l’on attribuera plus facilement vos mérites à autre chose que votre compétence… Mais moi je ne défends pas des causes. Défendre des causes, être militante, c’est à mon sens antinomique avec ma profession d’avocate.”. C'est un sexisme systématique, et systémique, qui fait système, que dénonce l'érudite. Au gré de ce portrait toujours, elle explique que ce traitement se retrouve volontiers dans la bouche d'anciens clients, qui ne font appel à elle quand l'affaire est "sérieuse", comprendre : "pas pour une femme".

Des propos qui rappelleront volontiers ceux de l’avocate de Dominique Pélicot, Maître Béatrice Zavarro, qui face à l’horreur des témoignages s’assurait de conserver une parole juste et professionnelle. Quitte à souffrir, disait-elle sur France Inter, d’une véritable fatigue physique et mentale, en coulisses.

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
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