"Il se la tape !", “c’est son mec” : l'avocate de Cédric Jubilar dénonce les réflexions misogynes qu’elle subit
© BestImage, DOMINIQUE JACOVIDES / BESTIMAGE
"Il se la tape !", “c’est son mec” : l'avocate de Cédric Jubilar dénonce les réflexions misogynes qu’elle subit
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A Society, elle épingle la quantité de commentaires nauséeux dont elle est victime depuis des lustres. Commentaires sexistes voire carrément misogynes. Les internautes s’en donnent vraisemblablement à cœur joie pour insulter la professionnelle. Confondant probablement leur haine de l’accusé en haine de sa défense, ou tout simplement, cherchant une bonne excuse pour insulter une femme. Slut shaming, insultes sexistes, réflexions à caractère sexuel, calomnies, tout y passe. L’avocate s’exprime.
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Emmanuelle Franck est une spécialiste des cas indéfendables. Celle qui fut la voix de la défense de Cédric Jubilar, accusé d’avoir tué son ex épouse, Delphine, dénonce la misogynie dont elle a été victime sur les réseaux sociaux : “Il est amoureux d’elle”, “Il se l’est tapée”... Et autres démonstrations de sexisme.
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Emmanuelle Franck dénonce dans Society un phénomène qui touche toutes ses consœurs de profession. Voyez plutôt : “Dans l’inconscient populaire, collectif, une avocate, c’est Eric Dupont-Moretti, pas une femme d’un mètre soixante et de cinquante kilos !”. Très tôt, dit-elle, elle a tout connu : les réflexions basses du front des confrères, certaines humiliations, des qualificatifs comme “stagiaire” alors que l'avocate était déjà au fait de sa profession, jusqu’à sa défense de Cédric Jubilar, qui lui vaut des réflexions scabreuses et bien nauséeuses.
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Exemples ? Elle raconte : “J’ai pu lire sur les réseaux sociaux, et ma fille aussi : A tous les coups, il se la tape, Je l’ai vu se pencher sur elle et lui dire : Je t'aime…”. Une certaine conception du sexisme ordinaire. En voyant une jeune avocate défendre un auteur de féminicides, une frange sexiste du public voit forcément entre les deux des desseins amoureux ou une relation sexuelle. Surtout, lui assigne d'emblée une forme d'hyper sexualisation, et cela vient délégitimer immédiatement ses compétences. Tout un programme.
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L'avocate quant à elle met un point d’honneur à rester droite, dans ses certitudes et sa vision d’une profession très ingrate : “Mes confrères ne reçoivent pas ce genre de remarques, c’est uniquement réservé aux femmes avocates, de même que l’on attribuera plus facilement vos mérites à autre chose que votre compétence… Mais moi je ne défends pas des causes. Défendre des causes, être militante, c’est à mon sens antinomique avec ma profession d’avocate.”
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Des propos qui rappelleront volontiers ceux de l’avocate de Dominique Pélicot, Maître Béatrice Zavarro, qui face à l’horreur des témoignages s’assurait de conserver une parole juste et professionnelle. Quitte à souffrir, disait-elle sur France Inter, d’une véritable fatigue physique et mentale, en coulisses.