Suzane défend pour francetv l’utilité et la puissance de “Je t’accuse”, son hymne féministe. Elle évoque aussi la difficulté (émotionnelle) éprouvée à le performer sur scène.
Suzane a performé la plus impressionnante séquence des Victoires de la Musique. En interprétant, avec une voix ferme et des expression fixes, son hymne féministe, “Je t’accuse”, elle a mis en scène ni plus ni moins que l’instant le plus féministe de l’histoire de la cérémonie hexagonale.
Sa chanson “Je t’accuse” est un cri du cœur, et un manifeste, en faveur de la libération de la parole, celle des victimes de violences, sexistes et sexuelles, mais aussi une critique très incarnée de l’impunité, celle des agresseurs. Suzane fait résonner sa colère et a ponctué cette performance aux Victoires de la Musique d’un happening tout aussi éloquent : des femmes sont venues sur scène, des pancartes dans les mains, et sur ces pancartes, les noms de victimes de féminicides et de violences sexuelles.
C’était un grand moment pour la cause féministe. Et pour les femmes en général. Et aujourd’hui, Suzane s’est exprimée devant les caméras de Francetv, pour témoigner de la perduration de cette chanson, qui tend à fédérer. Mais aussi, de la profonde difficulté à l’interpréter sur scène. On l’écoute.
Suzane met en mots la difficulté éprouvée à interpréter sur scène cet hymne féministe particulièrement intense : “Je t’accuse”, une mise en mots de la révolution #MeToo, près d’une décennie après ses premiers balbutiements. Particulièrement fort à entendre et à voir, compliqué à incarner, et à chanter.
La chanteuse énonce avec méticulosité ses émotions, ses sentiments, quand elle pousse de la voix en concerts pour faire retentir cet hymne aussi fédérateur que Balance ton quoi : "Libérer ma voix, je crois que ça a libéré d'autres voix. Le soir parfois quand j'arrive au concert c'est dur de l'interpréter. Ca dépend du contexte. Trois quarts de la salle, le point levé.”, énonce-t-elle auprès de francetv.
“Tu sais que beaucoup sont concernés par les violences sexistes et sexuelles. Je vais partout en France. Ce qui est dur c'est que quand la lumière s'allume, tu as des poings levés, un silence. Tu as tout un poids. Tu sais que des personnes se sentent concernées dans le public. Moi en écrivant la chanson je me suis jamais dit que je serais la porte-parole des victimes de violences. j'ai libéré ma voix. Et ça a libéré la voix d'autres personnes avec moi.", développe-t-elle avec éloquence.
Une chanson qui dialogue donc avec son public et fait naître en lui, parfois, des émotions douloureuses, qui résonnent avec leur vécu.
Suzane dit toute la responsabilité qu’il y a, en tant qu’artiste, à porter une telle charge : la voix de victimes qui ne peuvent s’exprimer. Sa performance, intime et politique, aux Victoires, en dit long à ce sujet. Et sa chanson d’être réappropriée par un public qui s’étend de ses concerts aux manifestations féministes.