Sophie Davant dénonce vivement les remarques “âgistes” dont elle fait l’objet et qui émanent directement… De femmes plus jeunes. Qui jugent ses tenues “trop courtes” et “trop sexy”, se moquent des oripeaux qu’elle arborait dans l’émission Danse avec les stars, et de sa sensualité affirmée. Une prise de parole qui compte, et est à retrouver sur les images ci-dessous. Surtout, la voix de l'animatrice fait résonner de vraies interrogations, collectives. Comme... Et si la sororité était une construction sociale impossible à concrétiser ? L’animatrice star s’en attriste.
A William Leymergie, elle témoigne de son expérience sur les réseaux sociaux, plutôt douloureuse il faut bien le dire, abondant en commentaires négatifs et en "body shaming" (ce commentaire permanent du physique des femmes), et met en lumière la réalité dont elle a pu témoigner, celle d’un sexisme intériorisé, par les femmes, envers les femmes : “Mais vous ne pouvez pas imaginer le nombre de critiques que j’ai eues sur Instagram de femmes qui jugeaient que cette robe était trop courte pour une femme de mon âge, c’est-à-dire de plus de 60 ans.”
Et ne s'arrête pas là. Au contraire, elle tient à mettre les points sur les i, toujours dans la séquence que nous vous partageons ci-bas.
Et l'air de rien, le témoignage de Sophie Davant est aussi intime que politique, et va bien au-delà de nos postes de télévision et des émissions de télécrochet les plus mainstream. Il s'accorde à beaucoup d'observations sociales, tutoyant le quotidien de nombreuses femmes. On vous explique pourquoi. Vous allez voir, c'est limpide.
Sophie Davant voit son corps critiqué par les autres femmes. Un cas de sexisme intériorisé qui nous renvoie à la construction sociale éminemment sexiste des rivalités féminines, façon Reine des Abeilles.
Précisant encore, sur le même ton, tristement lucide, au sein de la vidéo où elle s'exprime face-caméra (cf ci-contre), que ce manque de soutien entre femmes, mâtinée d’une certaine misogynie, l’a laissée tout simplement pantoise, au gré des réactions exacerbées sur son corps, ses jambes, ses tenues voire sa sexualité supposée : “C’est dingue, ça... Enfin, la sororité, alors, et la complicité entre nous ? Si nous-mêmes, on se dézingue, comment voulez-vous que la cause des femmes avance ? C’est impossible… Un peu plus d’humour, de sororité, de complicité, ça ne ferait pas de mal !”
L’an dernier déjà, la journaliste fustigeait à l’unisson : "J'ai eu pas mal de critiques de la part de femmes qui m'ont reproché de porter des tenues de danse trop courtes, et trop près du corps, à mon âge"
Et d’ajouter non sans amertume, à toutes les ennemies féminines du combat féministe : “Désolée de constater une fois de plus que ce sont les femmes qui font régresser la cause des femmes”. L’occasion de rappeler que la sororité, la solidarité entre les femmes, n’est pas une évidence, mais une construction sociale et collective, qui n’éclot pas de rien. Tout récemment encore, c'est Clara Luciani elle-même qui, interviewée par Billboard France, interrogeait la possibilité de la sororité entre chanteuses dans l'industrie musicale.
Dans une société patriarcale qui met les femmes en rivalités, elle ne va jamais de soi et a tout du défi.
C’est ce que dénonçait dans nos pages, l’espace d’une interview pour Terrafemina, la journaliste politique Léa Chamboncel : “La sororité se construit. On a l'impression que la solidarité est consubstantielle à n'importe quelle organisation sociale en quelque sorte, alors qu'en réalité, elle se construit. Or, la solidarité masculine, elle, est excessivement présente et très structurée". CQFD, non ? Alors, puisqu'il faut bien un début un tout, commencer par ne plus commenter des sornettes est une partie de la solution. Chiche ? Et en plus, c'est à la portée de tous. Et de toutes.
A bon entendeur.