Virginie Ledoyen revient auprès de Madame Figaro sur le sexisme qu'elle a subi durant ses castings, alors qu'elle avait à peine 20 ans, et jusqu'à aujourd'hui en vérité : des critères physiques et injonctions improbables qu'elle s'est pris en pleine figures, dès les prémices de sa carrière.
Le cinéma français est-il essentiellement patriarcal, pourrait-on en conclure ? On pourrait répondre que oui à écouter celle qui fut l'une des grandes révélations des années 90 et 2000. Voix ténébreuse, charisme mélancolique, aisance dans la comédie et le drame, Virginie Ledoyen est une comédienne encore beaucoup trop mésestimée.
Quand on est même pas vingtenaire, on subit un sexisme incontournable : hyper sexualisation, demandes déplacées, manipulations du metteur en scène, remarques sur la nudité, la sexualité. Quand on atteint la quarantaine, on subit l'âgisme, et l'exclusion progressive des caméras et des plateaux. Un joli programme n'est-ce pas ?
Mais écoutons Virginie Ledoyen face à Madame Figaro, sur les images à retrouver ci-contre : "Au cours des castings que tu fais tu es toujours trop maigre, trop grosse, trop jolie, trop moche..."
C'est tout un système que la comédienne illustre dénonce. Elle développe...
Virginie Ledoyen constamment jugée sur son physique durant les castings ? Oui, comme toutes les actrices.
C'est en tout cas ce qu'elle fustige quand Joseph Ghosn, son interlocuteur, lui demande si les injonctions et pressions faites aux comédiennes durant ces interrogatoires très spécifiques entre directeurs/directrices et comédiennes ne sont pas l'expression d'une société patriarcale. Qui ne cesse de commenter et noter le corps des femmes.
On l'écoute encore dans cette conversation : "J'ai grandi avec un commentaire style : ah non c'est pas possible. Un meteur en scène donne corps à un personnage qu'il a dans la tête mais qui ne correspodn pas forcément à vous"
Bien des comédiennes peuvent en témoigner. Sophie Marceau par exemple qui a commencé tout aussi si ce n'est encore plus jeune ! Et qui très tôt s'est vue jugée sur son physique, sur son corps. Récemment elle dénonçait justement à ce titre : "Le cinéma français des années 80 hyper sexualisait les jeunes voire les très jeunes actrices et les humiliait"
"C'était le cinéma des femmes-objets, tout était bon pour les dénuder. C'était presque impossible dans ce temps-là de trouver un rôle qui ne soit pas humiliant, sexualisé, sexualisant, ne servant à rien, puisqu'il s'agissait en premier lieu de femme-objet ou de faire-valoir. C'était clairement une époque où les jeunes actrices, souvent réduites à des figures décoratives, peinaient à obtenir des rôles respectueux et valorisants. Elle raconte sans détour les scénarios humiliants et hypersexualisés, ainsi que les refus courageux qui ont jalonné son parcours, dans ces années où dire non n’allait pas de soi."
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