Christina Applegate a-t-elle souffert de dysmorphie corporelle ?
C’est ce que l’on devine dans une longue interview où l’emblème des années 80 et 90, connue pour la série télévisée Mariés, deux enfants, explique qu’à l’apogée de sa carrière, beaucoup la considéraient comme la “plus belle fille au monde” alors même qu’elle pouvait à peine se regarder quelques minutes dans un miroir.
C’est en tout cas ce que raconte la comédienne l'espace d'une discute qui vire à l'introspection. Christina Applegate est outre-atlantique l'équivalent d'une Britney Spears, sur les écrans. Une étoile devenue mère de famille et qui traîne derrière elle son lot de blessures voire de traumatismes.
Dans une conversation très intimiste auprès de The New York Magazine, relayée par Vulture, elle raconte qu’elle avait beaucoup de mal à assumer son physique durant ses jeunes années, d'autant plus en étant sur-éclairée par les spotlights, aux confins de la fame. C’est le cas de nombreuses personnalités féminines, surtout dans une époque moins “déconstruite” - les années 80, qui ont engendré quantité de body shaming.
On écoute la superstar ? Voilà ce qu’elle raconte : « À mesure que ma carrière à la télévision prenait son essor, mes problèmes d'image corporelle s'intensifiaient également. »
Ce n’est pas tout.
Celle qui est alors connue pour son interprétation très spontanée de Kelly Bundy va souffrir d’anorexie de longues années dans l'indifférence totale, très loin de l'idéalisation que se font d'elle ses millions de fans Américains. Et lutter contre de nombreux et virulents troubles du comportement alimentaire.
“Pour des millions d'Américains qui regardaient la série, son personnage, Kelly Bundy, incarnait la beauté féminine par excellence”, détaille en ce sens la revue The New York Magazine, qui lui dédie un long article introspectif, “mais pour Applegate, elle était « trop banale » physiquement, à l’écouter”.
“En coulisses, Applegate entamait un long combat contre des complexes liés à son image corporelle, une relation malsaine avec la nourriture et une perception déformée d'elle-même. « Je n'ai jamais vu la fille mince que tout le monde voyait », écrit-elle. « Je n'ai jamais vu autre chose. ». Cela ressemble à de la dysmorphie corporelle. La dysmorphie corporelle, c'est ce trouble qui se caractérise par une préoccupation disproportionnée vouée aux défauts physiques.
Clara Falala-Séchet est psychologue clinicienne et psychothérapeute. Elle nous explique dans les pages de Terrafemina : "Celles et ceux qui souffrent du trouble de la dysmorphie corporelle pensent que une ou plusieurs parties de leur corps présentent un défaut, une imperfection, qui serait perceptible de l'extérieur, et que ces imperfections seraient plus importantes que la moyenne. Or, en réalité, ces imperfections présumées ne se voient pas. Elles ne sont pas perceptibles par autrui. Il n'y a donc pas de corrélation entre l'ampleur perçue et ressentie et ce que l'entourage peut en réalité percevoir."
Une expérience au féminin qu’elle partage avec de nombreuses célébrités hollywoodiennes, d'hier comme d'aujourd'hui. Qui en off souffrent de troubles, entre anxiété, boulimie, des faits exacerbés par une hyper sexualisation, ou un harcèlement de la part de la presse, comme du public.