Pourquoi la fuck zone est bien plus laide que la friend zone

Pourquoi la fuck zone est bien plus laide que la friend zone
Pourquoi la fuck zone est bien plus laide que la friend zone
On connaissait la friend zone, cet espace flou dans lequel on se retrouve bien malgré nous quand on réalise que notre coup de coeur nous considère plus comme sa soeur que comme son âme soeur (aïe). Aujourd'hui on découvre la fuck zone, un concept beaucoup plus vicelard et bien moins honnête. Explications.
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C'est Dora Moutot, la créatrice de T'as Joui, le compte Instagram qui libère la parole des femmes sur la jouissance et le manque de communication au lit, qui a évoqué le terme il y a peu de temps. Elle expliquait que si beaucoup d'hommes sont familiers avec la friend zone (le fait de se faire classer au rang d'ami.e par une personne qui nous intéresse sentimentalement ou sexuellement), peu connaissent en réalité la fuck zone, davantage vécue - voire subie - par les femmes.

Elle définit l'expression en quelques lignes : "Se faire fuckzoner, c'est quand tu veux être pote ou en couple avec un mec, mais que tout ce qu'il veut c'est te baiser. Et pour ça, y'a pas de souci, il jouera à l'ami avant d'y arriver. C'est quand la possibilité de te baiser est la seule valeur que tu as pour un mec". Avant de poursuivre : "Et pardonnez-moi hein, mais on va remettre les pendules à l'heure, car se faire fuckzoner c'est beaucoup plus violent que de se voir proposer une amitié...". Et on est plutôt d'accord.

Car dans la fuck zone, il y a la notion de vouloir arriver à ses fins par tous les moyens. Feindre l'amitié pour obtenir une relation sexuelle ou rester ambigu sur ses véritables motivations alors qu'on sait qu'elles se résument à une chose bien précise : s'envoyer en l'air sans s'engager.

Rien à voir avec un début de relation qui peut évoluer au fil du temps, du rapprochement et des rencontres. Rien à voir non plus avec un accord réciproque de ne se voir que pour le cul. Quand un homme "fuckzone" une femme, c'est qu'il ignore ses envies à elle et ne se concentre que sur ses besoins et son plaisir à lui. Surtout, il se dit que la relation ne vaut le coup que si elle mène au sexe, son Grâal personnel.

Pour citer un exemple dans le paysage cinématographique français, il y a le cas du personnage de Gilles Lellouche dans Les Petits mouchoirs qui, alors que Marion Cotillard est son amie depuis toujours, lui demande au coin du feu pourquoi elle n'a jamais voulu baiser avec lui, impliquant clairement qu'il en aurait envie sur-le-champ. Comme si "baiser" était le seul but de leur amitié et que le simple fait qu'elle soit sortie avec tous les autres mecs de la bande était une raison suffisante pour qu'il en profite lui aussi. Et qui justifierait un commentaire déplacé.

Marion Cotillard le rembarre gentiment, mais on imagine facilement que ce n'est pas la première fois que la situation se produit, si on projette leur duo dans la vraie vie.

Un sentiment de trahison

L'autre différence avec la friend zone, au-delà de la volonté parfois oppressante de rapport physique, c'est aussi le manque d'honnêteté. Quand une femme ou un homme "friendzone" une personne qui espère plus qu'une bise et une tape dans le dos de sa part, elle ou il ne joue pas sur les mots pour la mettre dans son lit. Elle ou il envoie des signaux plutôt clairs sur ses attentes et si la déception est certes au rendez-vous, la sensation (sale) de confiance brisée ne se manifeste pas.

Et la violence dont parle Dora Moutot est justement là, dans le sentiment de trahison que l'on peut ressentir lorsqu'on se sent en confiance, en sécurité avec quelqu'un qui nous réduit en réalité à un bout de viande à se mettre sous la dent. Sans se préoccuper une seconde de l'impact que cela aura sur nous et sur notre futur rapport aux hommes.

Alors oui, quand on fait le bilan, la fuck zone est clairement plus brutale et vicieuse que la friend zone.