Pourquoi les citations inspirantes postées sur les réseaux sociaux me sortent par les yeux

Liz Lemon dans 30 Rock
Liz Lemon dans 30 Rock
Si les slogans inspirationnels postés à toutes les sauces en ligne partent d'un très bon sentiment, force est de constater qu'ils commencent à frôler la contre-productivité. Et à me taper sur les nerfs. Je vous explique.
A lire aussi
Pourquoi (re)voir "Les invisibles", l'irrésistible comédie sociale de l'année
News essentielles
Pourquoi (re)voir "Les invisibles", l'irrésistible...

Autrefois un lieu quasi exclusivement réservé aux photos de chiots et autres selfies plus ou moins réussis, Instagram s'est peu à peu spécialisé dans un tout nouveau genre : les mantras de motivation. Des phrases, pour la plupart en anglais, censées nous donner un coup de boost façon pep talk à l'américaine (ces micro-discours qu'on voit souvent dans les films pour encourager un protagoniste), souvent écrites avec de jolies polices qui accrochent bien le regard.

"Living my best life" ; "Go hard or go home" ; "Work hard, play hard" ; "No pain, no gain", et j'en passe. Toutes visent à réveiller la guerrière carriériste et avide de réussite qui sommeille en nous pour enfin faire dégager le monstre de procrastination qui s'était installé à sa place. Une sorte de version light du classique "Sors-toi les doigts", qui passe effectivement mieux sur les réseaux sociaux.

Pour être tout à fait honnête, je préférerais me faire spoiler le dernière épisode de Game of Thrones sur-le-champ que d'adhérer à cette bonne volonté surjouée, volée aux Américain·es (ou à Nicolas Sarkozy), qui prône le "travailler plus pour gagner plus" et oblige aussi à garder le sourire parce que pourquoi pas.

Même côté humeur et personnalité d'ailleurs, on a l'impression qu'on ne peut plus être maussade en paix sans se taper un flot de slogans carrés qui nous disent à quel point la vie est chouette et qu'il ne faut surtout pas en perdre une miette. Et qui remportent haut la main la palme du premier degré.

Un peu de sarcasme, que diable ! Arrêtez donc de vous prendre autant au sérieux. Oui, être heureuse, c'est merveilleux. Oui, "réussir" dans la vie, ça l'est aussi. Mais tout le monde n'a pas pour but de devenir PDG de sa start-up ni icône d'une génération, puisqu'il s'agit apparemment de quelques-uns des seuls modèles valides de nos jours. On peut aussi se moquer de soi-même de temps en temps et tirer un peu sur la corde du laisser-aller sans devoir faire les frais de l'armée de la productivité et de la bonne humeur h24.

Surtout, on a l'impression que la soi-disant bienveillance des ces messages qui, au départ, voudraient simplement nous donner davantage confiance en nous, fait en réalité tout le contraire. La motivation bon enfant se transforme en pression incessante du toujours plus, l'incitation à être heureuse prend quant à elle des tournures de dictature du bonheur.

"Le spleen n'est plus à la mode, c'est pas compliqué d'être heureux", comme le chantent ironiquement Angèle et Roméo Elvis.

Et puis, il y a aussi celles et ceux qui saisissent toujours l'occasion de sortir leur plus belle plume pour déballer un monologue de palabres pseudo-inspirantes qui n'ont pour seul but que de faire mousser leur indéniable don pour la prose de pacotille.

Si vous voulez un conseil, tentez l'humour, ça marche souvent beaucoup mieux qu'un roman en légende Instagram qui en fin de compte, n'a rien de bien innovant. Et qui déclenchera davantage d'yeux levés au ciel que de tonnerres d'applaudissement.

Les dossiers