Ruby Rose, la papesse de la "gender fluidity"

L'Australienne Ruby Rose incarne la détenue Stella Carlin dans la nouvelle saison de de la série "Orange is the New Black". En à peine une apparition, le nouveau personnage de la prison de Litchfield est devenu le phénomène de la saison 3. Avec son style androgyne et sa gueule d'ange, facile de voir pourquoi Internet est devenu raide dingue d'elle.
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Hommes, femmes, hétéro, gays, transgenres... Ruby Rose fait perdre la tête à tout le monde. Depuis que la nouvelle recrue de "Orange Is The New Black" balade son uniforme de détenue dans la prison de Litchfield, rien ne va plus sur la toile, chacun allant de son commentaire élogieux à la vue de l'Australienne la plus stylée du moment.

Car c'est bien là la grande force de cette mannequin, aussi DJ et comédienne : avec un sens aïgu de la mode, son corps tatoué et sa personnalité qui détonne, Ruby Rose navigue entre, ou plutôt se joue des genres et des codes qui s'y attachent. Loin de cultiver l'ambiguité ou de se laisser mettre dans une case, l'actrice de 29 ans sait exactement qui elle est et ce qu'elle défend.

"Gender fluidity" ou comment Ruby Rose se joue des codes de genre

Dans une interview au magazine Elle, Ruby Rose a pris soin de rejeter les étiquettes et affirme ne se sentir ni homme, ni femme. Des catégories trop rigides qui ne lui correspondent pas, elle qui préfère se définir comme d'un "genre fluide". "La fluidité de genre, ce n'est pas vraiment se sentir à une extrémité ou l'autre du spectre", explique l'Australienne. "Je ne m'identifie à aucun genre. Je ne suis pas un homme, je ne me sens pas vraiment femme, même si je suis née ainsi. Donc je suis quelque part au milieu, ce qui -dans mon imaginiation parfaite- est comme réunir le meilleur des deux sexes".

Une position que la jeune femme avait déjà explicité il y a quelques temps sur les réseaux sociaux en écrivant : "Je suis heureuse comme je suis, je suis une femme, mais j'aurais été tout aussi à l'aise dans la peau d''un homme". Avec son côté garçon manqué et ses tattoos, la troublante Ruby Rose assume une apparence hors normes, d'autant plus authentique qu'elle sort des sentiers battus de la mode. Une façon d'être qui ne laisse pas insensible sur la toile.

Pourtant, ce qui sonne aujourd'hui comme une évidence ne l'a toujours pas été pour cette native de Melbourne. "J'ai été abusée sexuellement et de manière incestueuse. J'ai eu une vie de famille turbulente et pas toujours sécurisée", a-t-elle récemment confié au Daily Telegraph. Elevée par sa seule mère, Ruby Rose a affirmé qu'elle avait découvert son attirance pour les filles dès le début de son adolescence. A l'âge de 12 ans, le mannequin australien a connu la dépression et les moqueries... au point de tenter de se suicider. "J'avais des pensées suicidaires alors qu'à cet âge-là, on ne devrait même pas savoir ce qu'est le suicide", s'est-elle indignée.

La page désormais tournée, Ruby Rose vit une relation amoureuse avec la créatrice anglaise Phoebe Dahl. Les deux jeunes femmes fiancées vivent à Los Angeles. Comme un message adressé à ceux qui en douteraient encore, Ruby Rose a récemment écrit, produit et joué dans une vidéo de 5 minutes mettant en scène sa personnalité dans toute sa complexité. En passant d'un look de petite fille sage aux cheveux longs à celui d'un homme cigarette à la bouche, l'actrice est on ne peut plus claire : l'identité de genre est ce que vous voulez en faire.

"break Free", le court-métrage produit et joué par Ruby Rose.