Le métro de Moscou embauche des conductrices (et c'est historique)

La compagnie de métro de Moscou embauche des conductrices de train, et c'est historique.
La compagnie de métro de Moscou embauche des conductrices de train, et c'est historique.
C'est une première à Moscou : en pleine pandémie actuelle, la compagnie de métro vient d'engager des conductrices pour assurer la circulation de ses trains. Un brin de parité plutôt rare dans le pays.
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Un changement de législation. C'est ce simple tournant qui a abouti à une véritable innovation dans l'histoire du métro de Moscou : pour la première fois, la compagnie a embauché des conductrices afin d'assurer la bonne circulation de ses transports en commun, comme le développe le Guardian. Et ce n'est pas trop tôt.

Plus précisément, cette modification de la législation russe concerne un registre gouvernemental. Ledit registre énumère une liste d'emplois jugés "nocifs pour la santé des femmes". Une habile manière de masquer des discriminations professionnelles, n'est-ce pas ? Mais désormais, c'est une page qui semble se tourner au sein de la capitale avec l'embauche des premières conductrices de train "de l'histoire moderne du pays", nous dit-on.

Et pour célébrer comme il se doit l'arrivée des femmes conductrices de train, la compagnie de métro moscovite a même mis en avant une collaboration exceptionnelle avec Mattel, proposant une édition limitée de 100 poupées Barbie à l'effigie desdites conductrices. Un jouet pour le moins collector s'il en est. Le message ? Il est clair : n'en déplaisent aux esprits réacs, les petites filles peuvent désormais gérer des métros. Na.

Un emploi "dangereux pour la santé des femmes" ?

"Barbie a longtemps produit une série à l'effigie des femmes inspirantes, dont Frida Kahlo, Florence Nightingale et bien d'autres. Sans parler des Barbie scientifique, médecin, athlète, programmatrice. Donc cette collaboration est tout simplement géniale ! Elle permet de démystifier des images trop stéréotypées et de promouvoir l'égalité des droits pour les femmes", s'est exclamée une internaute russe sur les réseaux sociaux. CQFD.

Le clin d'oeil réjouit, mais le passif historique qu'il cache, moins. A savoir ? L'inégale répartition des tâches au sein des lignes de métro du pays, tout simplement. Comme le rappelle effectivement le Guardian, au caractère discriminatoire du registre gouvernemental mentionné plus haut s'ajoute un détail qui a son importance : bien qu'éloignées de l'avant des trains, les femmes pouvaient jusque là officier en tant qu'agentes à l'accueil des voies ou bien femmes de ménage. C'est donc toute une hiérarchisation des professions qu'il faut aujourd'hui revoir.

Tel que le précise enfin le journal britannique, ledit registre mettait également dans le sac des "métiers trop dangereux" pour la gent féminine les professions de marin et de mécanicien automobile, de chauffeur de bus ou encore... de fabricant d'instruments à vent. Oui oui, c'est une sélection plutôt éclectique s'il en est. Des disparités fâcheuses qui comptent bien disparaître à l'heure du monde d'après. Tout du moins, on l'espère.