Alcoolisme juvénile, viols : Selma Blair se confie sur ses traumatismes

Dans son livre autobiographique "Mean Baby", l'actrice Selma Blair raconte comment elle est devenue alcoolique à 7 ans, et les multiples viols dont elle a été victime. Bouleversant.
À lire aussi

L'actrice Selma Blair, connue notamment pour son rôle d'ingénue dans Sexe Intentions, n'hésite à partager les détails de ses luttes personnelles, évoquant publiquement son combat contre la sclérose en plaques, qu'elle mène depuis qu'elle a été diagnostiquée en 2018. Dans son nouveau livre, Mean Baby, elle s'attarde cette fois sur son alcoolisme juvénile et les viols dont elle a été victime.

"La première fois que j'ai été ivre, ce fut une révélation", écrit Selma Blair, dont quelques lignes ont été publiées par People. "J'ai toujours aimé Pessa'h. Lorsque je prenais de petites gorgées du Manischewitz (vin cacher, ndlr) auquel j'avais droit tout au long du Séder (rituel juif propre à la fête de Pessa'h, ndlr), une lumière m'inondait, me remplissant de la chaleur de Dieu."

L'actrice de 49 ans poursuit : "Mais l'année de mes 7 ans, alors que nous avions essentiellement du Manischewitz à volonté et que personne ne faisait attention à mon niveau de consommation, j'ai fait le rapprochement : le sentiment n'était pas Dieu mais la fermentation. J'ai pensé : 'C'est une énorme déception, mais puisqu'il s'avère que je peux obtenir la chaleur du Seigneur à partir d'une bouteille, Dieu merci, il y en a une juste ici'. Je me suis saoulée ce soir-là. Très ivre. Finalement, on m'a mis dans le lit de ma soeur Katie avec elle. Le matin, je ne me souvenais pas comment j'étais arrivé là."

"J'ai été violée plusieurs fois"

Pendant plusieurs années après cela, l'actrice, qui est sobre depuis 2016, précise qu'elle ne s'enivrait pas souvent, mais prenait plutôt "des gorgées rapides chaque fois que mon anxiété s'allumait." Et d'ajouter : "En général, j'étais à peine pompette. Je suis devenue une alcoolique experte, adepte de la dissimulation de mon secret". Et puis, il y a eu l'adolescence et la vingtaine.

Au terme d'une journée à boire sans s'arrêter lors de la fête du "spring break" de son université, Selma Blair raconte avoir été violée par au moins une, sinon deux personnes.

"Je ne sais pas si les deux m'ont violée. L'un d'eux l'a certainement fait", poursuit-elle. "Je me suis faite toute petite et silencieuse et j'ai attendu que ça se termine. J'aimerais pouvoir dire que ce qui m'est arrivé cette nuit-là était une anomalie, mais ce n'est pas le cas. J'ai été violée, plusieurs fois, parce que j'étais trop ivre pour dire les mots 'S'il vous plaît. Arrêtez'. Seule cette fois-là a été violente. Je suis sortie de chaque événement calme et honteuse."

"Mean Baby : A Memoir of Growing Up", de Selma Blair
"Mean Baby : A Memoir of Growing Up", de Selma Blair

Elle pose également sur le papier une agression sexuelle survenue plus tôt dans sa jeunesse, alors qu'elle était adolescente et élève dans un pensionnat du Michigan. C'est l'un des doyens de l'établissement qui en serait l'auteur. Un homme qu'elle considérait comme un mentor. "Je pensais qu'il était l'homme le plus formidable que j'avais jamais rencontré. Beau gosse. Grand. Si généreux. Je suis sûre que vous pouvez voir où tout cela nous mène. Mais à cette époque, je n'aurais pas pu le prédire. Je faisais confiance à l'autorité. J'étais juste une adolescente."

"Il m'a brisée"

La veille des vacances d'hiver de première année, elle est allée dans son bureau pour lui dire au revoir. "Nous nous sommes embrassés. Ça semblait trop long, trop calme et trop tranquille", écrit-elle. "Sa main est allée dans le bas de mon dos, traçant l'espace juste au-dessus de mon coccyx. Ses lèvres étaient sur ma bouche."

"'S'il te plaît', j'ai pensé. 'S'il te plaît, ne va pas sous mon pantalon, mon pantalon kaki Ralph Lauren approuvé par le code vestimentaire dans lequel j'avais soigneusement rentré une chemise à carreaux. Tu es un adulte et je t'aime ; s'il te plaît, ne mets pas ta main dans mon pantalon'. Mais il l'a fait. C'était une chose simple. Il ne m'a pas violée. Il ne m'a pas menacée. Mais il m'a brisée. Rien ne s'est jamais reproduit, mais je ne me suis jamais sentie en sécurité."

Auprès de People, Selma Blair confie qu'il s'agit de la première fois qu'elle évoque ces moments douloureux en dehors du cabinet de son psy. "Écrire, cela m'a arrêtée net", dit-elle. "Mon sentiment de traumatisme était plus grand que je ne le pensais. Je n'avais pas réalisé que l'agression était si centrale dans ma vie. J'avais tellement de honte et de reproches. Je suis reconnaissante de m'être sentie suffisamment en sécurité pour le mettre sur la page. Et puis je peux travailler dessus avec un thérapeute et avec d'autres écrits, et vraiment soulager ce fardeau de honte sur moi."

L'actrice espère qu'en publiant ces pages, elle aidera les autres. "J'ai écrit le livre pour mon fils... et pour les personnes qui essaient de trouver le trou le plus profond dans lequel ramper jusqu'à ce que la douleur passe."