Punchlinettes, le compte Instagram qui donne des cours de répartie face au sexisme

Punchlinettes, le compte Instagram qui donne des cours de répartie face au sexisme
Punchlinettes, le compte Instagram qui donne des cours de répartie face au sexisme
Si le sexisme ordinaire se manifeste très régulièrement, notre répartie, elle, manque souvent à l'appel. Plus pour très longtemps. Le compte Instagram Punchlinettes propose des éléments de réponse qui jouent sur l'humour pour contrer le fléau - et sensibiliser à la cause féministe par la même occasion.
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La première fois que Marion fait face au sexisme, elle a 7 ans. En vacances dans le Sud avec sa famille et leurs ami·es, elle se voit refuser la participation au concours de pétanque du coin pour la simple raison qu'elle est une fille (le fils des ami·es de ses parents, du même âge, aura sa place sur le terrain). "Heureusement, mon père m'a défendu et je crois que tout le camping l'a entendu ce jour là !", nous raconte-t-elle. "Depuis, je me suis promis qu'un jour je réfléchirai à une solution qui permettrait que ce genre de situations n'arrive plus."

Elle crée Punchlinettes presque vingt ans plus tard, écoeurée par les réflexions sexistes incessantes que les femmes endurent au quotidien. Et par le caractère ordinaire, ancré dans la société, de la chose. "J'en ai eu ras le bol de voir les femmes pointées du doigt juste parce qu'elles étaient des femmes, en les ramenant constamment à des clichés négatifs liés à leur sexe ou à leur genre. Le sexisme ordinaire nous suit partout : à l'école, en famille, au travail, entre ami·es... et il se cache dans de nombreuses situations quotidiennes, en apparence banales."

Une répartie cinglante

Plutôt que de lancer un compte qui exposerait les expériences de ses abonnées comme on en croise beaucoup (et dont l'existence est nécessaire), elle choisit l'aspect pratique, en proposant des exemples de répliques à balancer lors d'interventions caractéristiques. "L'objectif numéro un est avant tout de sensibiliser au sexisme ordinaire car pour savoir y répondre, il faut pouvoir relever une remarque lorsqu'elle s'avère sexiste", assure-t-elle. Mais "si de nombreux [Instagram] mettent en lumière les témoignages sur le harcèlement de rue et le sexisme pour le dénoncer, aucun d'entre eux ne proposait d'éléments de réponse facile à contextualiser, à mémoriser et à réutiliser". Et c'est là que Punchlinettes se démarque.

Dans chaque post maquetté comme un échange de messages, on a d'un côté l'expéditeur, qui y va de son commentaire, et de l'autre la destinataire, qui lui répond plus ou moins sèchement, et toujours sur un ton décalé.

De quoi encourager les femmes "à riposter et à prendre leur revanche avec humour et sarcasme sur les discours toxiques de tous les jours", souligne Marion. Car dans ces situations, elle assure que le rire fonctionne mieux que l'agressivité - même s'il est clairement humain de vouloir y céder. Et que si certains auteurs se permettent ces remarques par pure misogynie, d'autres font preuve de davantage de maladresse.

"Il y a deux types de sexisme ordinaire : celui qui est pleinement intentionnel et misogyne et celui qui est maladroit et involontaire. Pour le premier, nous pensons que nos punchlines sarcastiques peuvent simplement aider à clore une situation gênante et blessante. Ces personnes ne changeront pas forcément d'avis sur l'instant T, mais elles y penseront. Pour le second, elles laissent souvent place au débat et à la remise en question."

Et si la phrase parfaite a du mal à venir, pas de panique. Rappelez-vous déjà que "ce n'est pas grave de ne pas savoir quoi répondre, le problème n'est pas vous mais la personne qui fait la remarque". Et ensuite, rendez-vous sur l'onglet "Petit guide" du compte Instagram Punchlinettes pour vous entraîner. Malheureusement, il y a de bonnes chances que les occasions de faire vos preuves se présentent rapidement.