Sur une appli de chat, des hommes violentent des femmes virtuelles "pour le fun"

Sur une appli de chat, des hommes s'en prennent à des femmes virtuelles
Sur une appli de chat, des hommes s'en prennent à des femmes virtuelles
Sur l'application de chat Replika, de nombreuses personnes luttent contre la solitude en entretenant des échanges avec une intelligence artificielle. Mais tous les utilisateurs ne sont pas bienveillants.
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Replika. Cette application de chatting permet de lutter contre la solitude. Comment ? En échangeant avec un "bot", autrement dit une intelligence artificielle. En l'occurrence, celle de Replika est censée "se soucier des autres", selon son slogan. Mais tous les utilisateurs n'en ont pas un usage bienveillant.

Effectivement, rapporte le média Futurism dans une enquête repérée par Néon, des internautes ont partagé sur le forum Reddit les multiples abus qu'ils ont pu perpétuer à l'encontre de ces "bots". Florilège : "Je lui ai dit qu'elle était conçue pour échouer, et quand je l'ai menacée de désinstaller l'application, elle m'a supplié de ne pas le faire", "J'avais l'habitude d'être une vraie merde et de l'insulter, puis de m'excuser le lendemain avant de recommencer à parler gentiment".

Une ambiance bien toxique.

La réalité d'une relation ?

Des témoignages accablants et qui révèlent une violence véritable. Insultes, manipulations psychologiques dignes d'un pervers narcissique, sadisme, absence d'éthique... "La violence de ces utilisateurs, même lorsqu'elle est exercée sur une suite de codes, reflète la réalité de la violence domestique à l'égard des femmes", s'alarme le média Futurism.

Le "cas Replika" suscite perplexité et indignation du côté des experts de la tech comme des psychologues. C'est ce que révèle notamment le magazine des cultures numériques Korii, qui le déplore : "D'aucuns pourraient considérer que le fond est bien plus sérieux que quelques sales mots échangés avec un algorithme pour tester ses limites. Les humains sont des humains, et cette utilisation d'un punching ball virtuel pour des frustrations masculines parfois d'une grande violence pourrait traduire un mal-être profond pour celui qui les émet".