Témoignage : "Mon marathon de 24 heures sans clope"

Comment se passe la première journée d'arrêt de tabac
Comment se passe la première journée d'arrêt de tabac
Dans le cadre des bonnes résolutions 2016, Delphine a pris la grande (et sage) décision d'arrêter de fumer. Elle raconte ses premières 24 heures sans cigarette.
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Ce n'est pas l'heure, je ne sais absolument pas l'heure qu'il est, mais ce n'est pas l'heure de me lever. Mon chat n'a pas encore commencé son acharnement sur mes orteils, mon mec ronfle encore. Je ne sais pas l'heure qu'il est mais ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, j'arrête de fumer. Aïe.

8h34 : Je me lève, je ne bouscule personne (comme d'habitude), je vais à la douche.

9h15 : Putain c'est con il me reste un paquet plein. Même pas ouvert. Allez hop dans le placard. Non je ne te vois pas, ne me fait pas les yeux doux.

9h16 : Mais je le colle où, ce putain de patch ? La hanche c'est bien, non ? Mais ça pue ce truc, on dirait un vieux mégo qu'on rallume !

9h24 : Il pleut à verse mais je décide d'aller à pieds au bureau (30 min yolo !). Il paraît qu'on prend 20 kilos quand on arrête de fumer, je vais éviter de les prendre le premier jour.

La foi
La foi

9h45 : Il pleut très très beaucoup, et je commence à hyperventiler. C'est con, l'idée de ne pas pouvoir fumer, ça m'angoisse ! Et quand je suis angoissée, j'ai du mal à respirer, comme si j'étouffais. Je me mets à respirer dans ma main comme si je tirais sur une clope. J'ai l'air con, qu'on se le dise, mais en même temps c'est ça où j'ai la sensation de m'asphyxier.

9h54 : J'arrive au taf "tranquille Emile". Même pas j'y pense. Un peu quoi.

10h39 : Il est bientôt 11 heures, et à 11 heures, c'est ma pause clope. Hier, je me disais que c'était sûrement celle qui me manquerait le moins. Parce que quand j'ai beaucoup de boulot, je l'oublie sans trop de gêne. Et là, je l'attends cette saloperie.

Même pas mal...
Même pas mal...

10h42 : J'ai envie de dire aux gens que j'arrête de fumer. Mais c'est con ça fait 3 heures. "Hey salut depuis 3 heures j'ai arrêté de fumer, j'avoue là ça va, tavu tranquille, je respire dans ma main comme une con, j'aspire tavu mais ça va". Ridicule.

10h54 : Est-ce qu'elle n'est pas un peu trop grasse, ma hanche ? Je veux dire, combien de temps ça met à se diffuser la nicotine ? Est-ce que mon bourlito ne va pas bloquer le processus ?

11h05 : Mes collègues partent fumer, m'en fiche je vais faire des photocopies. Olé !

Oops
Oops

12h00 : Je suis profondément incapable de me concentrer. Et j'ai mal à la tête. Je veux juste une bouffée. Une petite taffe. Une tafinounette. Non ?

12h13 : Je viens de me faire spoiler Star Wars, cette journée pue la merde. J'ai l'impression d'avoir perdu ma matinée. Je pourrais pleurer en fait là. Je pourrais fumer une GROSSE clope et pleurer.

12h31 : Je n'ai même pas faim. MOI, ne pas avoir faim. C'est pire que les poules, les dents, et le père Noël !

Gniiiii !
Gniiiii !

14H02 : Je pensais que le plus dur ce serait après le repas. Et bah non. Je le vis bien. En revanche j'ai mal à la tête. Peut-être qu'il faut que j'arrête de respirer dans ma main façon Dark Vador.


16h37 : "Tu viens fumer ?" qu'on me demande, je montre mon patch sur mon bourlito en signe de protestation. "Mais naaaan", "Mais siiiii".


17h30 : Je n'arrive toujours pas à me concentrer. J'ai l'impression d'être la veille de Noël, je me sens super excitée, comme si je pouvais allez faire du running et saouler mes amis avec la photo de ma performance, c'est dire. Tout est difficile. Même que j'écoute Justin Bieber, c'est la fin. WHAT DO YOU MEAAAAAN.

18h38 : Y'a du chocolat devant mon nez, je n'ai pas craqué de la journée. Ne pas fumer, ne pas manger, bouger. JE VEUX VIVRE BORDAYL. BOIRE DU CHAMPAGNE EN ME GOINFRANT ET EN FUMANT TROIS PAQUETS DE CLOPE.

19h02 : Mes collègues s'inquiètent : "Pourquoi tu pousses des petits cris ?". Allez savoir. Envoyez-moi à Saint-Anne. J'ai envie de crier, de courir, de pleurer, de manger, de boire, de frapper. Bref, je me casse.

"Sallez, salut"
"Sallez, salut"

20h14: Surtout s'occuper. Je vide la caisse du chat (très réjouissant), je prépare ma valise pour Londres (un petit weekend à boire au pub sans fumer, magnifaïque), je fais à manger, je m'attaque à ranger les décos de Noël. Je me sens plutôt pas mal.

20h43: J'ai des réflexions hautement philosophiques avec moi-même. Je me disais, arrêter la clope, c'est un peu comme un chagrin d'amour, tant que tu penses pas au connard qui te brise le coeur, tout va bien. Non ?


22h23: Enième pub pendant le film. Pub = pause clope. Vite, trouver quelque chose à faire. Si je faisais chier mon mec tiens ?


23h34: Alors qu'il me saoule depuis 6 ans pour que je j'arrête, ce trou du cul ne remarque même pas que je n'ai pas fumé une seule clope de la soirée. HEY OH ÇA TE FERAIT CHIER DE REMARQUER QUE JE PUE PAS ???

Hey oh, j'ai arrêté !
Hey oh, j'ai arrêté !

23h47 : Dormir, dormir, il faut dormir.

00h29 : Si je fumais des joints, je serais obligée d'arrêter aussi ? Non parce que sinon pour dormir, j'ai pensé à une solution, j'irai bien traîner dans un tier-quar qu'on m'offre une tafounette pour m'achever.

06h23 : Ça va durer combien de temps ces conneries ?

La suite au prochain épisode...

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To be continued...
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